Les deux Belges du Reine Elisabeth sont en demi-finale

Les deux seuls pianistes belges qui se sont présentés cette année au Concours musical international Reine Elisabeth de Belgique - Yannick Van de Velde (23 ans) et Stéphanie Proot (26 ans) - ont passé le cap de la première épreuve et se sont qualifiés pour la demi-finale. Celle-ci débutait ce lundi après-midi au centre Flagey (à Bruxelles) et s’achèvera samedi soir avec la proclamation des 12 finalistes. Les demi-finalistes (photo) doivent présenter cette fois un récital, mais aussi interpréter un concerto de Mozart en compagnie de l’Orchestre royal de Chambre de Wallonie.

Le Concours musical international lancé en 1937 à Bruxelles par le violoniste belge Eugène Ysaÿe, avec le soutien de la Reine Elisabeth de Belgique, souffle cette année ses 76 bougies, avec une édition pour le piano. Alors que 78 candidats s’étaient présentés l’an dernier pour l’édition consacrée au violon, cette année 63 jeunes pianistes ont finalement entamé l’épreuve éliminatoire, le 6 mai dernier au centre Flagey, dans la commune bruxelloise d’Ixelles.

Parmi eux, il n’y avait que deux Belges - alors qu’ils étaient quatre l’an dernier en violon. Mais ces deux pianistes de 23 et 26 ans, qui ont étudié au même moment et chez le même professeur au Conservatoire royal d’Anvers, ont tous deux été admis à la demi-finale.

Outre Yannick Van de Velde (photo) et Stéphanie Proot, on retrouve en demi-finale 5 Coréens, 4 Chinois, 3 Russes, 2 Américains, un Français, un Finlandais, un Ukrainien, un Israélien, un Australien, un Japonais et deux candidats à la double nationalité (GB-Pologne et Russie-Corée).

Cette demi-finale débutait ce lundi, à 15h, et prendra fin samedi soir, avec la proclamation des noms des 12 finalistes. Entretemps, le public aura eu l’occasion d’entendre chacun des 24 candidats deux fois, au cours des après-midi et des soirées des 6 jours à venir.

Un récital et un concerto

Les demi-finalistes doivent en effet présenter chacun, au prestigieux jury international, d’une part un récital comprenant notamment l’œuvre inédite imposée « Dream » du pianiste et compositeur américain Frederic Rzewski, et d’autre part (un autre jour) un concerto pour piano au choix de W.A. Mozart, en compagnie de l’Orchestre royal de Chambre de Wallonie, qui sera dirigé par Michael Hofstetter.

Comme chaque année, le Concours Reine Elisabeth - dédié alternativement au piano, au violon et au chant - est suivi de très près par les médias belges, mais aussi la presse internationale. C’est l’une des choses qui rendent ce concours de très haut niveau unique au monde, tout comme le fait que les candidats ne sont pas logés à l’hôtel pendant la durée de leur concours, mais bien dans des familles belges, qui les soutiennent moralement et de façon plus pratique pour leurs déplacements.

C’est notamment pour pouvoir accueillir en toute sécurité le public et les médias, et répondre aux exigences de retransmission en radio et télévision, que les organisateurs du Concours ont quitté l’an dernier la grande salle du Conservatoire de musique de Bruxelles, où avaient lieu depuis 75 ans les éliminatoires et les demi-finales, pour aller s’installer au centre d’art Flagey (photo), ancienne Maison de la radio et la télévision.

Isolement total à la Chapelle

La finale du Concours 2013 de piano aura lieu du 27 mai au 1er juin, au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (photo). Les 12 pianistes retenus devront y interpréter une sonate, puis une œuvre inédite écrite spécialement pour ce concours et sélectionnée par un jury, et enfin un concerto pour piano, en compagnie de l’Orchestre National de Belgique, placé pour l’occasion sous la direction de l’Américaine Marin Alsop.

Pour étudier l’œuvre inédite pour piano et orchestre, les 12 finalistes passeront chacun une semaine à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth, à Waterloo, dans le plus grand isolement. Le titre et le compositeur de l’œuvre imposée seront présentés à la presse lorsque le dernier des 12 finalistes (qui donnera sa prestation en dernier le samedi 1er juin) sera entré à la Chapelle.

Qui sait, peut-être les Belges Yannick Van de Velde et Stéphanie Proot en feront-ils partie. Ils étaient tous deux déjà très soulagés d’avoir atteint la phase de la demi-finale. Stéphanie Proot s’était déjà présentée au Reine Elisabeth il y a 3 ans et n’avait alors pas dépassé la première épreuve.

Collègues d’étude

Stéphanie Proot et Yannick Van de Velde se connaissent en fait de longue date. Ils ont en effet étudié tous deux au Conservatoire royal d’Anvers, au même moment et chez le même professeur, Levente Kende.

Né à Anvers en 1990, Yannick Van de Velde remportait son premier concours - le « Jeune Tenuto » - en 2000. Il a suivi des cours chez les pianistes belges Jean-Claude Vanden Eynden et Jan Michiels et étudie actuellement à l’Université des Arts de Berlin, auprès du professeur Klaus Hellwig.

Il a suivi des masterclasses chez nombre de solistes de renommée, a déjà remporté des compétitions en Belgique et à l’étranger, et s’est produit dans plusieurs pays d’Europe occidentale. Yannick joue également beaucoup de musique de chambre, notamment avec ses frères. Comme compositeur, il a également déjà obtenu des prix.

Quant à Stéphanie Proot (photo), elle est née en 1987 et a étudié non seulement à Anvers, mais aussi à Paris et à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth en Belgique, auprès d’Abdel Rahman El Bacha. Elle s’est déjà produite en soliste avec l’Orchestre National de Belgique, l’Orchestre royal de Chambre de Wallonie, le Brussels Philharmonic et de grands orchestres à Porto et Zagreb.

Elle a également brillé dans plusieurs concours internationaux et enregistrait l’an dernier son premier CD, consacré à des Sonates de Beethoven. Elle joue également en trio avec une flûtiste et une violoncelliste.