Des multinationales mettent la Belgique en garde

Des sociétés multinationales présentes en Belgique s’inquiètent de plus en plus de l’évolution des charges salariales, du coût de l’énergie et de la fiscalité dans notre pays. Elles veulent débattre avec les autorités de la position concurrentielle de la Belgique. Selon le MCB-Forum, qui fédère ces multinationales, "la récente cabale" sur la déduction d’intérêt notionnel et le projet d’introduction d’une taxe sur les transactions financières menacent l’attractivité de la Belgique comme lieu d’établissement.

"Prétendre que des dizaines de milliers d'emplois seront créés par la suppression de la déduction d'intérêt notionnel est une affirmation audacieuse manquant tout sens des réalités", affirme le MCB-Forum, qui compte parmi ses membres les groupes ING, Commerzbank, BASF, Statoil, Janssen et Oké. Selon cette fédération de sociétés multinationales établies dans notre pays, "il doit être clair que les milliards que la Belgique a attirés avec son régime de la déduction d'intérêt notionnel s'envoleront aussi vite".

Le quotidien financier De Tijd a interrogé deux membres de la fédération, à savoir Ajit Shetty (photo principale) - l’ancien CEO de Janssen Pharma - et Wouter De Geest, qui dirige BASF Anvers. Ces derniers affirment que le gouvernement Di Rupo doit être très prudent en matière d’adaptation de la fiscalité.

La fédération de multinationales cite l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), selon laquelle la dernière modification apportée au régime de la déduction des intérêts notionnels a débouché sur un transfert net de 45 milliards. Outre les flux de capitaux, certaines activités et les emplois qu'elles génèrent - en particulier les emplois générés par les centres de trésorerie de groupes -, ont une grande mobilité, avertissent les multinationales.

L'introduction d'une taxe sur les transactions financières - projet porté par 11 Etats membres de l'Union européenne dans le cadre d'une coopération renforcée - menacerait également l'emploi. "Sans tenir compte de tous les effets indirects, le coût pour la Belgique peut facilement s'élever à un milliard de recettes fiscales ou de contributions à la Sécurité sociale manquées, de TVA et de revenus de remplacement à verser. Les dégâts portés à son image internationale seront encore plus importants et irréversibles", poursuit le MCB-Forum, tout en soulignant que des concurrents directs et pays limitrophes de la Belgique, comme les Pays-Bas et le Luxembourg, ont refusé ce projet de taxe.

De manière plus générale, le Forum insiste "pour que la position concurrentielle de la Belgique soit renforcée". La fédération de multinationales, qui dit vouloir "soutenir les efforts des autorités", organisera un débat sur cette question lors de son séminaire annuel, le 25 juin.