Zaventem : saisie du matériel de Swissport

Le Secrétaire d’Etat à la Mobilité, Melchior Wathelet, a pris des mesures d’urgence, en concertation avec la direction de Brussels Airport, au 5e jour de la grève de la société de manutention. Le matériel de Swissport a été saisi et des astreintes pourraient être imposées aux membres du personnel qui bloqueraient les infrastructures ou les opérations aéroportuaires. En fin d'après-midi, la direction de Swissport a fait 3 concessions supplémentaires par rapport au protocole d'accord avec les syndicats.

Ce jeudi midi, les syndicats indiquaient que les employés de l’entreprise de manutention aéroportuaire avaient repris progressivement leur travail, à la suite du protocole d’accord signé mercredi soir entre la direction de Swissport et les syndicats. Les ouvriers n’avaient par contre toujours pas rompu le mouvement de grève, n’étant pas entièrement satisfaits par la solution négociée par les représentants du personnel.

"Les ouvriers ne veulent pas reprendre le travail pour l'instant. Après quatre jours de grève, ils estiment que l'accord n'apporte pas une réponse suffisante", expliquait Frank Moreels (BTB-UBOT). Ce dernier disait comprendre les critiques des membres du personnel, mais continue de défendre l'accord. "Nous n'avons pas atteint l'accord idéal, mais nous avons été aussi loin que possible."

Pendant ce temps, la direction de Brussels Airport estimait ne plus pouvoir tolérer la situation, alors que plus de 20.000 bagages restaient en rade à l’aéroport. Selon le porte-parole Jan Van der Cruysse (photo), la grève qui en est à son cinquième jour - un record de longévité à Zaventem - a déjà nuit à l’image de l’aéroport international, sans parler des dommages économiques.

En concertation avec la direction aéroportuaire, le Secrétaire d’Etat à la Mobilité Melchior Wathelet (CDH) décidait ce jeudi midi de prendre des mesures d’urgence pour permettre la reprise des opérations de manutention à Zaventem. Le matériel de Swissport devait donc être saisi dès 14h00, conformément aux termes prévus dans le contrat de licence dont dispose l’entreprise de manutention.

D’autre part, l’accès au tarmac et à d’autres zones sécurisées de l’aéroport sera refusé aux travailleurs de Swissport qui ne veulent pas reprendre le travail et qui n’ont donc pas de raison de se trouver sur les lieux.

Des astreintes pourront être imposées aux personnes qui bloqueraient les infrastructures ou les opérations aéroportuaires.

En fin d'après-midi, la direction de Swissport a fait trois concessions supplémentaires par rapport au protocole d'accord avec les syndicats. Ces derniers s'attendaient donc à ce que la grève prenne fin ce jeudi soir.

Impact sur le trafic aérien

Quelques vols seulement ont été annulés ce jeudi à Brussels Airport. Au début de la semaine, une cinquantaine de vols avaient été annulés en raison de la grève chez Swissport. "Les bagages restent un problème", expliquait Jan Van der Cruysse, porte-parole de l'aéroport. "Mais, les compagnies aériennes procèdent au renvoi des bagages chez leurs clients".

L'impact de la grève avait été très important au début de la semaine avec une cinquantaine de vols annulés lundi. "Les compagnies ont compris que leurs avions pouvaient décoller ou atterrir mais sans bagages", précise le porte-parole. Depuis mercredi, des compagnies rapatrient des bagages chez leurs clients. "Cela va prendre encore quelques jours pour tout régler. Il faut être réaliste".

Swissport et son concurrent Aviapartner traitent normalement 30.000 bagages par jour en moyenne.