"Un atoll énergétique devant la côte belge d’ici 2016"

Le Conseil des ministres a approuvé ce vendredi un vaste projet de plan d’aménagement de la mer du Nord, présenté par le ministre Johan Vande Lanotte (SP.A), qui comprend notamment l’établissement d’un atoll énergétique, un espace de stockage hydroélectrique sur le banc de sable de Wenduine et à hauteur du port de Zeebrugge. Il est présenté par le gouvernement fédéral comme une première mondiale, et devrait être opérationnel d’ici 2016.

Grâce aux deux îlots au large du littoral belge, de l’énergie éolienne pourra être produite mais aussi stockée. L'idée est de continuer à profiter pleinement de l'énergie des éoliennes même en cas de faible demande d'électricité, comme par exemple la nuit, a expliqué le ministre Johan Vande Lanotte (photo), responsable aussi de la Mer du Nord. "Cette production est subsidiée", donc autant la rentabiliser, a-t-il justifié.

L'énergie produite servira dans ce cas à pomper l'eau du puits de l'atoll énergétique, le mouvement s'inversant en cas de pics de consommation. Dans ce dernier cas de figure, l'eau de mer se déverserait à nouveau dans l'atoll, ce qui permet alors de récupérer l'énergie électrique.

Cette zone sera couplée à un projet de développement de la nature (oiseaux), une île aux sternes (hirondelles de mer) étant créée, tout comme une aire de nidification pour le goéland brun. Le Secrétaire d’Etat à l’Energie, Melchior Wathelet, a précisé que l 'atoll énergétique sera "autofinancé". Ce dernier a en effet rejeté l'idée d'éventuels "mécanismes de soutien", comme des certificats.

"Prise de courant" en mer

Outre l'atoll, le projet d’aménagement prévoit également, parmi les nouvelles initiatives, une zone permettant l'installation d'une "prise de courant" en mer, qui regroupera le câblage des différents parcs éoliens à développer, ainsi que des corridors pour câbles, et l'emplacement du câble "nemo" qui doit permettre à terme la connexion avec la Grande-Bretagne. Le plan indiquera par ailleurs les routes où la navigation a priorité sur d'autres activités et constructions

Par ailleurs, on ne touchera ni à la zone éolienne actuelle, ni aux zones naturelles existantes. La pêche en mer et l'aquaculture doivent également être intégrées au projet, mais la problématique fait toujours l'objet d'une concertation avec le gouvernement flamand. Là aussi, des zones sont prévues, de protection, de mise à l'essai de nouvelles techniques, d'interdiction de techniques perturbant le fond marin. Il est plutôt question d'encourager la pêche côtière. L'aquaculture durable sera mise en pratique dans la zone éolienne.

Le projet de plan fera l'objet d'une large concertation entre les particuliers, les entreprises et les autorités publiques. Une réunion est prévue le 9 juillet prochain.