La Belgique ne livrera pas d'armes à la rébellion syrienne

Après les sommets tendus consacrés à la crise économique, les pays européens ont de nouveau étalé leurs divergences en accouchant dans la douleur d'un accord sur la fourniture d'armes aux rebelles syriens, sous la pression de la Grande-Bretagne et de la France, les deux puissances interventionnistes de l'UE.
AP2013

Après douze heures de réunion, les ministres des Affaires étrangères étaient partagés entre soulagement et dépit en se séparant au milieu de la nuit de lundi à mardi.
Le seul à exprimer sa "satisfaction" a été le Britannique William Hague, qui "n'a rien lâché", selon un diplomate, dans sa volonté de voir lever l'embargo sur les armes à destination des forces de l'opposition modérée syrienne.
Il s'agit "de la bonne décision" car elle "envoie un message très fort de l'Europe au régime de (Bachar al-) Assad", a déclaré le chef de la diplomatie britannique.

Ses homologues se sont montrés bien plus réservés en commentant l'accord qu'ils ont finalement accepté afin de préserver la seule "arme commune" contre le régime syrien: le paquet de sanctions établi mois après mois depuis le début du conflit il y a plus de deux ans.
En raison de la règle de l'unanimité en vigueur au sein de l'UE, M. Hague a en effet brandi la menace d'un abandon total de ces sanctions au 1er juin si l'embargo sur les armes n'était pas assoupli. Réalistes, ses partenaires s'y sont résignés, tout en imposant une série de conditions.
"Ce n'est pas une vraie solution européenne, mais nous avons au moins empêché qu'il n'y ait plus du tout de sanctions", a résumé Didier Reynders (MR), annonçant que la Belgique ne livrerait pas d'armes.
"Nous avons confirmé que pour ce qui concerne la Belgique nous avons pris la décision de ne pas aller dans cette voie de livraison d'armes. Nous ne sommes pas les seuls, je crois", a-t-il dit mardi lors de point de presse avec son homologue roumain Titus Corlatean, qui a exprimé le même point de vue - tout comme l'Allemand Guido Westerwelle.
Didier Rynder a toutefois regretté que le dossier soit ainsi "renationalisé", la question d'envoyer ou non des armes aux rebelles étant désormais laissée à la discrétion des Etats. Seuls Londres et Paris ont annoncé qu'ils pourraient le faire, mais pas avant le 1er août afin de laisser une chance aux pourparlers de paix initiés par les Etats-Unis et la Russie.