Parfum de crise au sein du gouvernement flamand

Suite au blocage des négociations sur la réforme de l’enseignement secondaire, le ministre-président flamand Kris Peeters a renoncé à se rendre en mission économique aux Etats-Unis. Une nouvelle tentative de conciliation aura lieu dimanche soir. L'objectif est d'arriver à un accord pour mercredi.

Invité de l’émission dominicale de la VRT, "De zevende dag" le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) a déclaré qu’un accord devait intervenir d’ici mercredi sur la réforme de l’enseignement secondaire. Sinon, le problème deviendra plus grave et d’autres questions devront être posées. Kris Peeters reprendra les négociations avec les présidents de partis ce dimanche.

Le gouvernement flamand a une nouvelle fois échoué, samedi dans sa tentative de tomber d'accord sur la réforme de l'enseignement secondaire proposée par le ministre SP.A Pascal Smet, et contestée par la N-VA.

Le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V) a fait savoir samedi soir qu'il renonçait à accompagner la Mission économique emmenée par le Prince Philippe aux Etats-Unis.

La réforme de l'enseignement secondaire a sensiblement augmenté la tension au sein du gouvernement flamand au cours des derniers jours. Le dossier crispe essentiellement les relations entre le parti socialiste flamand et la N-VA.
Un parfum de crise flotte sur le gouvernement même si Kris Peeters refuse d’utiliser ce mot.
"Beaucoup de travail a déjà été accompli" souligne le ministre-président. "Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois pendant des heures pour tenter de finaliser mais nous n’avons toujours pas d’accord or c’est absolument nécessaire".

Kris Peeters va poursuivre les négociations mais d’une manière différente. Il aura d'abord des contacts bilatéraux dans le courant de la journée et à 20h ce soir il rencontrera les présidents des partis de la majorité.

L’échéance du ministre-président est claire : « Mercredi il y a un débat sur les questions d’actualités au Parlement flamand et je vais tout faire pour obtenir un accord mercredi sur ce dossier difficile » a-t-il déclaré sur le plateau de "De zevende dag"..

Un des axes de la réforme, porte sur le report de douze à quatorze ans, du moment du premier choix d'orientation que doit faire l'élève. La N-VA y était jusqu'ici opposée, car elle craignait que cela nuise à la progression des bons élèves.

Il semble toutefois qu'elle soit prête à faire des concessions sur ce point, mais elle reste par contre radicalement opposée à un autre axe de la réforme: un décloisonnement des réseaux d'enseignement général, technique et professionnel qui, aux yeux du ministre Smet, est nécessaire pour mettre un terme au décrochage scolaire lié à la dévalorisation de l'enseignement professionnel, dans lequel nombre d'élèves en difficulté atterrissent par défaut, par un effet de cascade d'échecs dans les deux autres réseaux.

De Wever: "Il ne faut pas toucher à l'enseignement général"

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a quant à lui affirmé dimanche à la chaîne régionale anversoise ATV qu'il ne souhaitait pas que l'on touche à l'enseignement secondaire général (appelé ASO en Flandre).
"Nous devons revaloriser notre enseignement technique et professionnel, nous devons procéder à des coupes dans les plus 300 options (offertes par l'enseignement flamand. Mais supprimer l'ASO, cela je ne fais pas", a-t-il dit.
M. De Wever a assuré que son parti souhaitait aussi réformer l'enseignement secondaire, qualifiant celui dispensé en Flandre de l'"un des meilleurs au monde".