Fyra : le rapport d’audit transmis au parquet

L’administrateur délégué de la SNCB, Marc Descheemaecker, a remis au parquet de Bruxelles un rapport d’évaluation de la procédure d’achat du train du constructeur AnsaldoBreda, réalisé par le cabinet Ernst & Young. Il ne s’agit cependant pas d’une plainte, a expliqué Descheemarcker en Commission Infrastructure de la Chambre, mais d’une volonté du patron des chemins de fer belges de porter le rapport "à la connaissance" du procureur du roi.

Interrogé ce mardi en Commission Infrastructures de la Chambre, Marc Descheemaecker a précisé avoir personnellement demandé le 22 février au cabinet d'audit Ernst & Young de passer au crible les procédures d'achat pour la période 2000-2004. Ce rapport lui a été remis le 24 mai, et discuté une semaine plus tard au conseil d'administration de la SNCB, avant d'être remis lundi au parquet de Bruxelles.

Le patron de la SNCB (photo) n'a pas livré de détails sur les conclusions du rapport. Il a juste indiqué que l'auditeur avait analysé trois éléments. Outre l'évolution de la procédure d'achat, le cabinet a examiné la situation financière d'AnsaldoBreda, le constructeur italien du Fyra. Descheemaecker a justifié ce dépôt du document auprès de la justice par l'article 29 du code pénal, lequel précise que, en tant qu'administrateur-délégué d'une entreprise publique, il doit signaler toute irrégularité.

Devant les députés, il a expliqué comment l'achat des Fyra avait donné lieu à de vifs débats au sein du comité de direction de l'entreprise publique. A l'origine, il avait été question d'acquérir 11 de ces trains rapides, mais leur nombre avait finalement été ramené à trois seulement. Le contrat fut signé en mai 2004 pour une livraison attendue en 2007. Les Pays-Bas avaient, eux, confirmé l'achat de 15 trains.

La SNCB a décidé la semaine dernière d'abandonner définitivement le Fyra, victime de problèmes en série, et de mettre fin au contrat avec son constructeur. La SNCB a versé une avance de 37 millions d'euros, assurés par une garantie bancaire. Pour ce qui est des coûts résiduels de cette débâcle, Marc Descheemaecker a listé les intérêts non-perçus sur ces 37 millions, soit quelque 5 millions d'euros, ainsi que l'élaboration de rapports d'expertise, soit quelques centaines de milliers d'euros, que la SNCB entend récupérer.

Plusieurs députés se sont interrogés comment le Fyra avait jamais pu rouler vu les nombreuses, et parfois hallucinantes, avaries dont il fut victime. Selon Descheemaecker, "aucun risque majeur ne s'est toutefois posé en matière de sécurité pure", notamment vu la courte période pendant laquelle le Fyra a roulé. Certains députés ne sont pas montrés satisfaits de ces réponses sur les aspects de sécurité. Ils ont l'intention de demander au Secrétaire d'Etat à la Mobilité, Melchior Wathelet, de venir s'expliquer la semaine prochaine. Ils souhaitent également entendre des représentants du service Sécurité et Interopérabilité de la SNCB.