Le gouvernement flamand s’accorde sur l’enseignement

Les partenaires de la coalition (CD&V, SP.A et N-VA) se sont mis d‘accord mardi soir, au terme de plus de 20 heures de négociations, sur un "masterplan" pour la réforme de l’enseignement secondaire en Flandre. Le 1er degré sera élargi et l’offre sera revue aux deux degrés suivants. Les élèves pourront cependant déjà faire un premier choix à 13 ans. A terme, la distinction entre enseignements général, technique et professionnel sera gommée, pour éviter une stigmatisation. La mise en œuvre pratique des changements ne devrait pas débuter avant 2016.

Le gouvernement flamand est parvenu mardi soir à sortir de la crise qui opposait essentiellement le CD&V et le SP.A à la N-VA au sujet de la réforme de l’enseignement secondaire. La crispation concernait avant tout la volonté des socialistes flamands et de leur ministre de l’Enseignement, Pascal Smet (photo), de lever la distinction traditionnelle entre enseignement secondaire général (ASO), technique (TSO) et professionnel (BSO), parce que ces filières renforcent les stigmatisations sociales. Les démocrates-chrétiens flamands soutenaient ce projet.

La N-VA, de son côté, s’opposait à un changement radical et lui préférait une revalorisation des enseignements technique et professionnel, tout en gardant l’enseignement général dans sa forme actuelle - après avoir cependant limité la palette d’options, actuellement trop large. Au terme de longues négociations bilatérales et d’un marathon de discussions de plus de 20 heures, les partenaires de la coalition flamande sont parvenus mardi soir à se mettre d’accord sur un « masterplan » pour la réforme de l’enseignement secondaire.

Le nouveau modèle gommera à terme la distinction entre les filières générale, technique et professionnelle, tout en intégrant aussi les humanités artistiques (KSO) et l’enseignement professionnel à temps partiel (DBSO). Le premier degré du secondaire (1e et 2e années) sera ainsi élargi, ce qui signifie que tous les élèves suivront un vaste tronc commun de matières, auquel s’ajouteront des matières que les écoles pourront organiser elles-mêmes, notamment afin de soutenir les élèves en difficulté. Il sera également possible de choisir une option supplémentaire dès la première année (latin, techniques, maths/sciences, arts, économie, néerlandais, français ou anglais).

Cinq domaines d’études

Les élèves pourront faire un premier choix dès l’âge de 13 ans, mais pourront aussi attendre jusqu’à 14 ans avant de se prononcer sur une direction d’études. Dès le deuxième degré (3e et 4e secondaires) l’enseignement sera organisé en 5 domaines d’études, à savoir Sciences & techniques, Langue & culture, Economie & organisation, Bien-être & société, Arts & création. Pour chacun de ces domaines, l’élève pourra choisir son option en fonction du fait qu’il veuille, à la fin de ses secondaires, se lancer dans des études supérieures ou directement sur le marché de l’emploi. Certaines options lui permettront de se garder la porte ouverte aux deux finalités.

Le dernier degré de l’enseignement primaire sera en outre adapté, afin d’améliorer la transition vers l’enseignement secondaire. Une attention particulière sera aussi accordée, en primaires, à certains domaines d’étude. Les élèves performants seront ainsi stimulés, alors que les plus faibles seront davantage soutenus.

La mise en œuvre de la réforme tant attendue n’est cependant pas immédiate. Elle ne devrait débuter qu’en 2016 au plus tôt, et se faire en plusieurs phases. Ce qui veut dire que les élections régionales auront eu lieu entretemps et que la coalition flamande en place sera peut-être différente de l’actuelle.

D’autre part, les écoles resteront libres d’introduire, ou non, les nouveaux domaines d’étude.

"Un accord attendu depuis 20 ans"

Les trois partenaires de la coalition ont réagi positivement à la conclusion de l’accord, mardi soir. « Ce gouvernement flamand a abouti à un accord sur un débat que l’on mène déjà depuis 20 ans », a déclaré le ministre-président flamand Kris Peeters (CD&V).

« Nous avons cherché longtemps une base de consensus et je suis ravi que nous puissions la convertir en des décisions politiques », s’est réjoui le ministre de l’Enseignement, Pascal Smet (SP.A). Les socialistes flamands sont satisfaits de voir disparaître, à terme, l’enseignement général (ASO) et de pouvoir donner à l’avenir la possibilité aux élèves qui sont actuellement dans les 3 filières traditionnelles de suivre les cours dans une même école, dans des classes différentes.

La N-VA réagissait par la voix de son ministre de l’Intérieur Geert Bourgeois (photo) : « Ce gouvernement flamand, qui ne tient selon certains qu’avec de la salive et du papier collant, a tout de même atteint un accord sur l’enseignement secondaire ». La N-VA salue surtout le fait que les écoles ne seront pas contraintes à s’engager dans les réformes de l’enseignement secondaire et que la décision définitive à propos de cette grande réforme ne tombera qu’en 2016.

Le ministre-président Kris Peeters affirme cependant que, nouveau gouvernement flamand en 2014 ou pas, la réforme de l’enseignement secondaire sera effectivement menée à bien.