"L’électricité sera 40% plus chère d’ici 2030"

Si l’on en croit les résultats d’une étude réalisée par le Boston Consulting Group, à la demande de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), les familles verront leur facture d’électricité augmenter de 250 euros par an d’ici 2030. La raison principale en est la décision des autorités belges de réduire progressivement l’énergie nucléaire pour passer à des sources renouvelables d’énergie et de nouvelles centrales au gaz. Pour les entreprises, les prix pourraient même doubler.

Si la politique fédérale actuelle à l’énergie reste inchangée, une famille belge moyenne verra sa facture d’électricité augmenter d’environ 250 euros par an d’ici 2030. C’est en tous cas ce qu’a calculé le bureau Boston Consulting Group (BCG), qui a réalisé une étude à la demande de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB).

Cette étude indique en outre que les grandes entreprises pourraient même voir leur facture d’électricité doubler d’ici 2030. L’information est reprise ce jeudi par les quotidiens Het Nieuwsblad, De Standaard et De Tijd.

L’étude se base sur la poursuite de la politique actuelle. « Elaborer une vision, signifie faire des choix », précisait Jonas Geerinck du bureau BCG dans l’émission matinale « De Ochtend » de la première chaîne radio de la VRT. « La Belgique choisit de fermer progressivement, ces prochaines années, ses centrales nucléaires et de produire moins d’énergie de la houille. A la place, le gouvernement opte pour des sources d’énergie renouvelable » - comme l’aménagement de parcs éoliens en mer - « et la construction de nouvelles centrales au gaz ».

Ces choix signifient que des milliards d’euros seront nécessaires ces prochaines années pour investir dans ces nouvelles installations. Selon le bureau BCG, ces investissements sont à la base de l’augmentation des prix de l’électricité en Belgique au cours des deux prochaines décennies.

"Sauvegarder la compétitivité des entreprises"

Le bureau BCG affirme ne pas vouloir se prononcer sur la qualité des options prises par le gouvernement belge, mais avoir seulement voulu calculer quelles seront les conséquences de ces choix pour la facture des consommateurs. Il souligne cependant que d’autres pays qui ont fait des choix assez semblables à ceux de la Belgique en matière d’énergie communiquent mieux vis-à-vis de la population sur les conséquences de leurs choix.

« Il est important de préserver la compétitivité des entreprises. En Allemagne, on a choisi de faire payer davantage aux familles afin de pouvoir limiter la facture d’énergie pour les entreprises. Même les syndicats allemands soutiennent ce principe », explique Jonas Geerinck.

La hausse des prix pourrait menacer la viabilité de certaines activités industrielles en Belgique, avertissent encore les auteurs du rapport, visant notamment la production de papier, qui fournit 4.000 emplois directs.

L’étude prédit d’autre part que la production de CO2 augmentera à nouveau en Belgique après 2020, justement parce que l’énergie nucléaire disparaîtra progressivement.

« Nous avons besoin d’urgence d’investissements pour mener à bien les choix qui ont été faits. Pour attirer des investisseurs dans notre pays, il faut restaurer la confiance dans ce secteur. Sinon, les autorités belges devront supporter seules tous les coûts ».

Selon le quotidien financier De Tijd, le gouvernement fédéral devrait prendre d’ici peu une décision sur le Plan Energie élaboré par le Secrétaire d’Etat à l’Energie, Melchior Wathelet (CDH). Ce plan stipule, notamment, que les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire (photo) de Doel (Flandre orientale) devront fermer en 2015.