L’enseignant belge disparu en Syrie donne signe de vie

Pierre Piccinin da Prata (photo), enseignant de 40 ans dans un lycée wallon, devait rentrer de Syrie le 14 avril. Sa famille n’ayant plus eu de contact avec lui depuis le 17 avril, l’ancien professeur d’histoire dans l’une des Ecoles européennes de Bruxelles avait été porté disparu. Le quotidien bruxellois Le Soir annonce qu’il a contacté sa famille par téléphone tout récemment pour la rassurer. L’information a été confirmée par le ministère belge des Affaires Etrangères.

Les Affaires Etrangères ont confirmé ce jeudi le contact qu'a eu l'enseignant belge Pierre Piccinin, disparu depuis mi-avril en Syrie, avec sa famille. "Il a eu un contact téléphonique avec sa famille", a indiqué le porte-parole, Michel Malherbe. "Sur cette base, nous suivons sa situation". Le département des Affaires Etrangères s'est montré discret tant sur la teneur de l'entretien que sur la localisation de l’enseignant de 40 ans.

"Nous savons certaines choses, mais nous avons choisi de ne pas les exprimer", a ajouté Michel Malherbe. Le quotidien "Le Soir" précisait jeudi soir sur son site internet que l’enseignant avait eu une brève conversation avec ses parents, qui habitent Gembloux, vers 15h45. Le journaliste italien de La Stampa qui se trouvait avec Piccinin, Domenico Quirico, a également pu joindre sa famille en Italie pour la rassurer.

La nouvelle devait rester confidentielle tant que les deux hommes n'avaient pas été rapatriés, écrit Le Soir, mais la ministre italienne des Affaires Etrangères a divulgué l'information jeudi vers 20h. Les supputations les plus pessimistes s'étaient multipliées depuis le dernier signe de vie que l'enseignant avait donné, via Skype, le 17 avril dernier.

En avril dernier, le quotidien français Le Monde indiquait que Pierre Piccinin da Prata était au départ un partisan du régime de Bachar al-Assad. Satisfait de ses jugements, le régime l’avait invité à deux reprises. Ses analyses favorables se distinguaient de celles publiées par des chercheurs et journalistes spécialisés, qu’il a toujours abondamment critiqué.

Mais, en 2012, lors de son troisième voyage dans le pays, Piccinin était arrêté et torturé par la police locale, en même temps qu'un groupe de rebelles (photo d'archives). Il avait alors décidé de soutenir ceux-ci. L’enseignant était, à l'époque, entré en Syrie comme "archéologue" et croyait avoir déjoué la vigilance des services secrets du régime Assad.

Depuis ce voyage qui a mal tourné, Pierre Piccinin qualifie la Syrie comme le pays de « la torture à la chaîne ». Cet historien et politologue plaide pour une intervention militaire internationale et regrette d’avoir fait crédit au régime Assad, précisait encore Le Monde.

AP2013