La police fédérale se vide en raison d’économies

Le Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS) tire la sonnette d’alarme. Il affirme qu’en raison d’économies décrétées, les nombreux départs à la pension ne seront que partiellement compensés. "Ce qui nuit à la sécurité des citoyens et de la police". La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet (CDH), affirme que rien n’est encore décidé.

"Nous créons un paradis pour les dangereux criminels", déclare Gert Cockx du Syndicat national du personnel de police et de sécurité (SNPS), ce lundi, dans les pages du quotidien De Standaard. "Si nous devons continuer sur la même voie, nous allons foncer dans un mur".

Interrogé dans l’émission matinale "De Ochtend" de la première chaîne radio de la VRT, Gert Cockx a réitéré que la situation de la police fédérale était "pénible", selon lui. "Nous manquons environ de 1.000 personnes. Près de 40% du personnel de la police fédérale a plus de 50 ans. Il y a donc de nombreux départs à la pension, mais presque personne n’est engagé".

Cockx tire la sonnette d’alarme pour l’avenir. "En tant que citoyens, vous allez certainement commencer à la sentir. Si la capacité de la police fédérale n’est pas maintenue à niveau, la capacité d’enquête diminue et tout va commencer à s’enliser". Selon le SNPS, la moitié des personnes qui partiront à la retraite ces prochaines années ne seront pas remplacés. Et la direction de la police parlerait même d’en remplacement limité à un départ sur 3, alors que la police fédérale manque déjà depuis des années d’effectifs.

"Nous demandons à la ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, de prendre une décision. Depuis 6 mois maintenant, un plan a été proposé, mais nous n’avons pas encore reçu de réponse à nos questions". Le syndicat menace d’accroître la pression sur la ministre de tutelle et a déposé un préavis de grève.

Et le SNPS de préciser : "Alors que la loi fixe les subventions et cotisations octroyées annuellement, tant par la police fédérale que de la police locale, au Service social, la ministre de l'Intérieur va les diminuer de 75%". Une décision qui reviendrait à "économiser 2.523.000 euros sur le dos des collègues les plus démunis. Un hold-up 'structurel' qui va mettre à mal les missions fondamentales du Service social que sont les aides sociales, psychosociales, administratives voire financières au profit des bénéficiaires actifs et pensionnés des services de police", ajoute le syndicat.

La ministre Milquet (photo) ne nie pas que la piste du fonds social soit envisagée, mais insiste - dans les pages des éditions de Sudpresse - que "rien n’est décidé". Elle souligne qu’une réunion est prévue pour mercredi.