Des vols annulés à Bruxelles et Charleroi

Une dizaine de vols au départ de Brussels Airport sont à nouveau annulés ce mercredi à la suite de la grève des contrôleurs aériens français, a confirmé Jan Van der Cruysse, porte-parole de Brussels Airport, à l'agence de presse Belga. La grève du zèle des syndicats socialiste et libéral de Belgocontrol, chargé du contrôle aérien au-dessus du territoire belge, occasionne également quelques retards, notamment à l'aéroport de Charleroi Brussels south.

Brussels Airport précise que ces annulations concernent plusieurs vols à destination de Paris, Lyon, Nice, Marseille, Toulouse et Bordeaux. L'aéroport invite donc les passagers qui ont un vol prévu durant la grève des aiguilleurs français, prévue jusqu'à jeudi, à s'informer auprès de leur compagnie aérienne avant de se rendre à l'aéroport. Au total, 21 vols au départ et vers Bruxelles ont été annulés mardi.

La grève du zèle des syndicats socialiste et libéral de Belgocontrol n'a pour le moment "pas de grand impact" sur le trafic aérien à Brussels Airport, a précisé son porte-parole. Mais elle occasionne déjà quelques retards à l'aéroport de Charleroi Brussels south. "Deux vols sont retardés pour le moment, on compte 30 minutes à une heure de retard", a confirmé la porte-parole de l'aéroport, Mélissa Milioto.

Neuf vols au départ et vers l'aéroport de Charleroi - cinq départs et quatre arrivées - sont également annulés ce mercredi en raison de la grève des aiguilleurs en France, qui protestent contre le renforcement de la libéralisation de leur secteur à l'initiative de la Commission européenne.

Les organisations de travailleurs de Belgocontrol protestent également contre les plans de la Commission européenne pour l'espace aérien.

La BGATC ne soutient pas les actions

La BGATC, the Belgian Guild of Air Traffic Controllers, qui représente trois-quarts des contrôleurs aériens en Belgique, ne soutient pas les actions des contrôleurs aériens prévues mercredi en Europe, annonce la BGTAC mardi soir dans un communiqué.
La BGATC estime qu'"un dialogue de concert entre les compagnies aériennes et les organismes de contrôle aérien a plus de chance d'aboutir à des propositions constructives que de mener des actions préventives lors desquelles les passagers sont les seules victimes".

"Par ailleurs, Belgocontrol n'est pas armé pour aller dans ce combat en raison de l'absence de décisions politiques concernant le financement, la nomination des administrateurs et d'une politique précaire qui a été menée ces dernières années", ajoute la BGACT.

"La réforme européenne aura des conséquences sur l’emploi"

Les actions syndicales se tiennent ce mercredi dans 11 pays de l’Union européenne pour protester contre "la poursuite de la libéralisation" des transports aériens par la Commission européenne. La France est le pays le plus touché.

"Cette journée d'action est destinée à réclamer que la dimension sociale soit prise en compte dans la réforme du ciel unique européen", a expliqué le secrétaire politique de l’ETF (European Transport Workers Federation), François Ballestero. "La Commission prépare de nouvelles réglementations qui visent à libéraliser encore davantage le secteur et qui auront des conséquences au niveau de l'emploi", a-t-il ajouté.

L'ETF indique avoir initialement soutenu l'idée du "ciel unique européen" et avoir "pris diverses initiatives, notamment dans le dialogue social, afin de le faire fonctionner". Mais "la pression sur les travailleurs est devenue aujourd'hui trop élevée", selon la fédération.

Le "ciel unique" a pour objectif de supprimer les frontières nationales dans les airs afin, selon la Commission, de tripler la capacité de l'espace aérien, réduire les coûts de gestion du trafic aérien de 50% et réduire de 10% les incidences sur l'environnement.

Basée à Bruxelles, l'ETF représente 80 organisations syndicales dans le transport aérien dans les 27 pays de l'UE, soit environ 250.000 membres du personnel de l'aviation civile et 25.000 dans le seul secteur du contrôle aérien.