37 ou 300 millions d'euros de diamants volés?

Les services de renseignement marocains pensent que le butin du vol de diamants commis en février dernier à l'aéroport de Bruxelles ne s'élèverait pas à 37 mais bien à 300 millions d'euros. L’information parue ce jeudi dans le quotidien De Morgen est démentie par l’Antwerp Diamand Center qui réaffirme que le seul chiffre officiel est de 37 millions. Le parquet va vérifier les affirmations des services de renseignement marocains.

Le 18 février dernier, huit hommes lourdement armés ont commis un braquage sur un appareil de la compagnie aérienne helvétique Swiss. Ils s’étaient emparés de 120 sacs de diamants. Un butin estimé par le secteur diamantaire anversois à 50 millions de dollars soit environ 37 millions d’euros.

Les services marocains avaient mis leurs collègues belges sur la piste d’un Français d'origine marocaine, quelques jours à peine après le braquage du 18 février. Celui-ci est toujours actuellement incarcéré à Metz en tant que suspect principal dans cette affaire.
Les Marocains estiment que le butin est beaucoup plus important que ce que l'on supposait. Ils ont transmis leurs informations à leurs homologues belges le 5 avril. Il ressort de celles-ci que les 120 colis de diamants volés n'avaient pas une valeur de 37 millions d'euros mais plutôt de 300 millions d'euros.

Le parquet de Bruxelles a confirmé qu’il vérifiait l’information transmise par les Marocains. Selon les services de renseignement marocains, le secteur diamantaire anversois aurait volontairement sous-évalué la valeur du butin "pour des raisons commerciales", de peur de perdre des clients potentiels.

"Le seul chiffre officiel de la valeur des diamants volés à Brussels Airport est de 37 millions d'euros", a réaffirmé jeudi l'Antwerp Diamond Center. "Ce chiffre est basé sur l'inventaire officiel effectué par les services de police et de douane, les compagnies d'assurance concernées et le convoyeur lui-même" affirme encore le secteur diamantaire anversois.

Principal suspect pas encore extradé

Les enquêteurs et magistrats belges reviennent du Maroc où ils ont procédé une semaine durant à un échange d'informations à propos du braquage avec leurs collègues marocains. Ils ont également assisté à des perquisitions censées permettre d'appréhender un autre suspect principal, qui court toujours actuellement. Le porte-parole du parquet de Bruxelles, Jean-Marc Meilleur, a confirmé les faits au journal De Morgen, indiquant que l'homme n'avait pas encore été arrêté. Aucune autre arrestation n'aurait eu lieu.

Actuellement six suspects sont sous les verrous en Belgique dans le cadre de cette affaire. Mais au total plus de 30 personnes ont été appréhendées. La Belgique a demandé l’extradition du suspect principal, arrêté à Metz. Ce dernier nie toute implication dans le braquage. La chambre d’instruction de la cour d’appel de Metz a demandé une information supplémentaire à la justice belge avant de statuer sur l’extradition du braqueur présumé.