Les regroupements familiaux en baisse

L’an dernier, le nombre d’immigrations en Belgique pour regroupement familial a diminué d’environ 25% par rapport à 2010. En cause, la nouvelle législation, entrée en vigueur en septembre 2011. C’est ce qu’indique le rapport annuel "Migration 2012" du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR).

La mobilité des étrangers en Belgique augmente. En 2011, plus de 200.000 mouvements d'étrangers, immigrations et émigrations confondues, ont été enregistrés dans notre pays, si l’on en croit des données du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme (CECLR), présentées ce jeudi dans le rapport annuel "Migration 2012".

Si le solde migratoire est à la baisse - passant de 84.908 en 2010 à 72.120 en 2011 -, le nombre total de mouvements n'a jamais été aussi élevé. 2011 est marquée par une légère diminution des immigrations, une première depuis le début des années 2000, mais les émigrations ont contribué à gonfler le nombre de mouvements avec une hausse de près de 20% entre 2010 et 2011, pour atteindre les 65.951 mouvements d'émigrants étrangers.

"La Belgique connaît une forte immigration européenne", précise Jozef De Witte (photo), directeur du Centre pour l'égalité des chances. Sur les 138.071 immigrations enregistrées en 2011, 35% étaient le fait de ressortissants de l'Union européenne d'avant les élargissements de 2004 et 2007 et 22% sont issus des "nouveaux" Etats membres.

Pour ce qui est des demandeurs d'asile, le Centre rappelle que, pour la première fois depuis cinq ans, le réseau d'accueil de Fedasil (Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile) n'est plus considéré comme saturé. L'an dernier, quelque 20.486 personnes ont été accueillies pour une capacité d'accueil de 22.513 places, soit une proportion (91%) inférieure au seuil de saturation, établi à 94%.

Davantage de départs volontaires d’immigrés

La nouvelle législation autour du regroupement familial, entrée en vigueur en septembre 2011, a par ailleurs entraîné une baisse importante du nombre de regroupements familiaux entre 2010 et 2012, passant de 41.336 à 30.096 titres de séjour octroyés dans ce cadre, selon les chiffres de l'Office des étrangers. Ce sont essentiellement les regroupements familiaux avec un Belge qui ont baissé (-50%).

Si les raisons familiales constituent un important motif de migration (37,4% des titres de séjour valides), l'activité économique ne pèse que pour 8,5% des titres de séjour valides. Comme toujours, selon Jozef De Witte, les permis de travail sont délivrés ou renouvelés en majorité en Flandre (60%), devant la Région Bruxelloise (plus de 20%) et la Région Wallonne (moins de 20%).

Les responsables du Centre se sont en outre réjouis de la hausse du nombre de départs volontaires pour des étrangers qui se trouvent en situation irrégulière en Belgique ou qui ne remplissent pas, aux yeux des autorités, les conditions d'accès au territoire. "En 2012, et pour la première fois, le nombre de retours volontaires a largement dépassé le nombre de retours forcés", souligne le Centre.

L'institution va toutefois suivre de près le nouveau régime d'interdiction d'entrée, en vigueur depuis juillet 2012. Cette mesure vise à interdire au ressortissant de pays tiers qui fait l'objet d'un ordre de quitter le territoire, l'entrée et le séjour sur le territoire de l'ensemble des Etats membres pendant une durée déterminée. Le Centre s'interroge sur l'impact d'une telle mesure sur les droits fondamentaux des étrangers.