Des firmes belges ont approvisionné des cartels de drogue mexicains

Deux entreprises pharmaceutiques belges sont soupçonnées par le parquet fédéral d’avoir livré, ces dernières années, de grandes quantités d’éphédrine à la maffia des stupéfiants mexicaine, qui en a fait du "crystal meth" (de la méthamphétamine cristalline) qui peut être mortel. L’information est rapportée par le quotidien De Standaard.

Le parquet fédéral soupçonne Sterop, une petite entreprise pharmaceutique installée dans la commune bruxelloise d’Anderlecht d’avoir effectué, dans les années 2007 et 2008, quelque 14 livraisons d’un total de plus de 70 millions de pilules d’éphédrine à la maffia des stupéfiants au Mexique. Selon le quotidien De Standaard, ces livraisons étaient surtout destinées à l’organisation du Mexicain Ezio Figueroa Vazquez (61 ans).

Andacon, une petite entreprise pharmaceutique établie à Moorslede, en Flandre occidentale, est également suspectée d’avoir fait des livraisons de pilules d’éphédrine au baron mexicain de la drogue Ezio.

L’éphédrine est une amine sympathicomimétique fréquemment utilisée comme décongestionnant, mais qui augmente aussi l’effet de l’adrénaline et est parfois utilisée comme produit stimulant. Elle peut être utilisée dans la synthèse de méthamphétamines (ou "crystal meth"), une drogue très dure et dangereuse, qui amène une importante dépendance.

"La destination et la quantité nous ont alertés"

Selon les enquêteurs du parquet fédéral, il semble très peu probable que les deux entreprises pharmaceutiques belges ne se soient pas doutées de l’usage détourné que ferait le baron de la drogue Ezio de leurs pilules d’éphédrine . Elles auraient d’ailleurs livré leur production au Mexicain pour des prix supérieurs à ceux du marché.

"C’est avant tout la destination et la quantité des pilules d’éphédrine livrées qui ont éveillé nos soupçons", indiquait ce lundi matin Lieve Pellens du parquet fédéral sur les ondes de la première chaîne radio de la VRT. "Pendant les deux années que nous avons examinées, il a été question de dizaines de livraisons pour un total de plus de 70 millions de pilules à l’attention d’une firme mexicaine. Il est ensuite apparu que cette firme n’existait pas".

Huit suspects devront comparaître d’ici peu devant la Chambre du conseil dans le cadre de cette affaire.

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