Critiques sur le voyage de Laurent en Israël

Le prince Laurent se trouve actuellement en Israël. Il effectue un voyage privé à l’invitation de Keren Kayement LeIsrael, une organisation qui s’occupe de projets environnementaux mais qui selon Amnesty International aurait aussi une stratégie de plantation de forêts sur les ruines de villages palestiniens dans les territoires occupés.

Le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders (MR), était au courant du voyage du prince Laurent. "C'est dans la presse belge qu'on en fait un voyage semi-officiel (...). On cherche manifestement très souvent la polémique autour de la famille royale ; je pense aussi que la famille royale, cela fait vendre du papier... Ce sont des éléments probablement importants", a lancé le vice-Premier ministre MR sur les ondes de Bel-RTL.

Didier Reynders (photo) a défendu le déplacement du prince Laurent en Israël, où il était invité par l'ONG environnementale sioniste Keren Kayemet Le Israël (KKL). Le ministre a eu un contact téléphonique avec le prince il y a quelques semaines, au cours duquel il lui a rappelé "deux conditions évidentes": respecter le caractère privé du voyage et n'avoir aucun contact politique, ce qui fut le cas selon les éléments dont les Affaires étrangères disposent.
Didier Reynders renvoie au parlement la responsabilité d'aller plus loin s'il le juge nécessaire. "Si le parlement veut interdire à des membres de la famille royale tout voyage privé, il faudra voter une résolution en ce sens", a-t-il fait observer. "Mais ce n'est pas le rôle des Affaires étrangères ; leur rôle était de rappeler d'éviter ce qu'on avait connu au Congo".
Selon Le Soir, qui révélait mercredi ce voyage et répercutait jeudi les critiques de la Ligue des droits de l'Homme et de l'Association belgo-palestinienne, KKL est le plus gros propriétaire foncier d'Israël, disposant aussi de terrains dans les territoires occupés.
"Personne ne fait l'unanimité mais je ne vais pas me prononcer sur ce volet-là (...) Un très grand nombre de responsables politiques étrangers ou belges ont été planter des arbres également", a relativisé Didier Reynders.

"C'est une gaffe des Affaires étrangères"

Keren Kayement LeIsrael, également connue sous le nom de Fonds national juif (FNJ) "est une organisation privée dont la mission officielle est de regagner la terre d’Israël" a déclaré Pieter Stockmans d’Amnesty International.

"Ils utilisent le développement durable et l’environnement comme couverture pour du développement ségrégationniste. Cette organisation serait aussi impliquée dans un scandale dénoncé par les Nations Unies. Un village bédouin situé dans le désert du Néguev aurait été détruit pour y planter des arbres à la place"  déclare encore ce responsable d’Amnesty dans De Morgen et Het Laatste Nieuws.

De son côté, le porte-parole des Affaires étrangères parle d’une fondation historique et prestigieuse qui s’occupe avant tout d’environnement.

Eva Brems (Groen), la député écologiste flamande estime qu’il s’agit d’une gaffe des Affaires étrangères. Elle a déclaré dans l’émission "De ochtend" sur la VRT que cette visite du prince Laurent pouvait être considérée comme une prise de position politique que le prince en soit conscient ou non. Pour un pays comme la Belgique c’est compromettant. Le ministre des Affaires étrangères ne peut l’ignorer. Ou bien il a manqué de vigilance et n’a pas suffisamment vérifié avant de donner son aval ou bien et c’est plus inquiétant il n’y voit rien à redire".
Dans le passé, toutefois, des responsables politiques comme Kris Peeters (CD&V) et Yves Leterme (CD&V° avaient aussi été invités par cette organisation pour planter un arbre. "J’espère que grâce à cet incident les Affaires étrangères changeront d’attitude" a encore déclaré Eva Brems (photo).

L’Open VLD et la N-VA se posent aussi des questions sur cette visite. "S’il s’agit effectivement d’une organisation qui plante des arbres à l’endroit où se trouvaient des villages palestiniens, alors cela constitue un grand problème" a déclaré Theo Francken (N-VA).