De plus en plus de Français veulent travailler en Flandre

Confrontés à des taux de chômage de plus de 10% en France, les demandeurs d'emploi frontaliers sont de plus en plus enclins à fournir les efforts nécessaires pour trouver un emploi de l'autre côté de la frontière, notamment en Flandre.

La Flandre occidentale affiche un taux de chômage de 4,3%, qui peut tomber à deux et quelques pourcents dans des villes comme Courtrai, selon les chiffres avancés par Pôle Emploi, à seulement une demi-heure de Lille, la "capitale des Flandres", territoire historique à cheval sur la France et la Belgique qui s'étend de Dunkerque à Gand.
Au 30 juin 2011, l'Inami dénombrait 6.396 travailleurs français en Flandre occidentale, une augmentation d'un tiers depuis 2007. Le contingent hexagonal représentait ainsi environ 90% des travailleurs frontaliers entrants de la région.
Dans le Nord/Pas-de-Calais, Pôle Emploi a donc naturellement décidé de financer des formations dans la langue de Vondel. "L'intérêt de former au néerlandais c'est que dans tous les cas, le vocabulaire de base facilite l'intégration, ce qui conduit vers l'emploi durable", explique Bruno Maurer, chef de projet interrégional à Pôle emploi, même si les Flamands de leur côté font des efforts pour intégrer des Français qui viennent combler un manque d'effectif principalement peu qualifié.
L'un des participants au cours de néerlandais réservé aux demandeurs d'emploi dispensé à l'université de Lille 3 explique que partir en Belgique est presque naturel. "On est moins dépaysé en travaillant à Gand ou à Anvers qu'en travaillant à Paris", estime cet ancien gérant de société qui se relance dans la gestion commerciale. "Ce n'est pas un pays étranger. Ce sont les Flandres".
Le syndicat patronal belge flamand VOKA a par ailleurs pris l'initiative de créer un site internet "www.vouseteslesbienvenus.eu" pour inciter Wallons et Français à venir travailler en Flandres. Début mars, après un an d'existence, il comptait déjà 27.000 visiteurs.