Une Belge admet son implication dans l’attentat de Pretoria

Trente ans après les faits, Hélène Passtoors, une activiste anti-apartheid belge, a avoué avoir participé à l’attaque perpétrée en 1983 par la branche militaire du Congrès national africain (ANC) dans la capitale administrative de l’Afrique du Sud. Hélène Passtoors avait été arrêtée en 1985 et est restée 4 ans emprisonnée dans une cellule sud-africaine. Elle fut libérée après d’intenses négociations diplomatiques, survenues à la suite d’une forte pression de l’opinion publique belge.

"J’ai été impliquée dans l’attentat le plus meurtrier jamais perpétré par l’ANC ", a-t-elle avoué dans les colonnes du quotidien De Morgen. "J’ai réalisé le travail de prospection, et j’ai conduit la voiture chargée d’explosifs de Swaziland à Pretoria". La citoyenne belge admet ainsi avoir été active dans la lutte armée menée par l’ANC de Nelson Mandela contre le régime de ségrégation qui régnait à l’époque en Afrique du Sud.

L’attaque à la voiture piégée survenue en mai 1983 à Church Street, dans la capitale administrative du pays, a causé la mort de 19 personnes et blessé environ 200 autres. Ce fut l'attaque terroriste la plus meurtrière jamais perpetrée dans le cadre de la lutte armée contre l’apartheid.

"La bombe avait explosé trop tôt à cause d’une défaillance technique. C’est pourquoi outre des militaires, il y a également eu des victimes civiles. Par ailleurs, nous avions un peu sous-estimé la puissance des explosifs", a indiqué Hélène Passtoors, aujourd’hui âgée de 71 ans.

En 1985, la ressortissante belge, mère de quatre enfants, avait fini par être arrêtée et inculpée de terrorisme. Elle n’avoua jamais les faits, mais demeura 4 ans derrière les barreaux. Elle fut finalement libérée après d’intenses négociations diplomatiques, survenues à la suite d’une forte pression de l’opinion publique belge.

"Ce n’est qu’en 2001 que j’ai pu totalement lâcher l’affaire. Cette année-là, la Commission de vérité et de réconciliation m’a accordé l’amnistie. Elle a estimé que l’attaque visait une cible militaire, le quartier général des forces aériennes. L’attentat ne visait pas des civils".