Espionnage: la Sûreté de l'Etat au courant?

L'Ordre flamand des avocats du barreau de Bruxelles a demandé au Comité I, qui surveille les services de Sûreté et de renseignement, de mener une enquête sur le scandale des écoutes américaines, indique le bâtonnier Hugo Vandenberghe mardi dans De Standaard. Il espère ainsi en savoir plus sur le rôle de la Sûreté de l'Etat.
THE ASSOCIATED PRES2013

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel a révélé dimanche que l'agence américaine NSA espionnait des bâtiments officiels de l'Union européenne aux États-Unis, mais aussi à Bruxelles depuis de longues années. Der Spiegel fonde ses accusations sur des documents confidentiels dont il a pu avoir connaissance grâce à Edward Snowden, auteur de révélations explosives sur le programme américain d'espionnage électronique.

L’Union européenne a réagi par l’intermédiaire du président du Parlement européen, Martin Schulz, et du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Tous deux se sont dits choqués et préoccupés par ces révélations. De nombreux pays ont également exprimé leurs craintes et invité leur ambassadeur américain à s’expliquer. C’est notamment le cas de la Belgique.

Selon l'ancien sénateur CD&V Hugo Vandenberghe (photo), il y a un gros problème pour tous les services de renseignement de l'Europe de l'Est. "Ou bien ils échouaient dans leur mission et ne savaient rien, soit ils étaient au courant de ces pratiques."

Le bâtonnier de l’Ordre flamand des avocats du barreau de Bruxelles veut aussi une réponse à la question de savoir si notre pays a été complice. Si la Sûreté de l'Etat utilise des données obtenues via PRISM, le programme de surveillance de la NSA, il n'y aura alors que peu de place pour le doute, selon lui.

La ministre de la Justice Annemie Turtelboom craint qu'il n'y ait pas de réponse simple. "Ce n'est pas possible pour la Sûreté de juger la méthode avec laquelle les autres services obtiennent de l'information", indique-t-elle. Elle souligne aussi que la Sûreté a des contacts avec la CIA et le FBI, pas avec la NSA.

La semaine dernière, le Sénat avait demandé au Comité I de mener une large enquête sur l’affaire PRISM. Le parquet fédéral n’a pas encore lancé d’enquête.