Philippe, un prince héritier très patient

Peu après son 53ème anniversaire, Philippe deviendra, le 21 juillet prochain, le septième roi des Belges. Si on savait qu’il allait monter un jour sur le trône pour succéder à son père, on ignorait que ce serait après l’abdication de ce dernier.

Philippe Léopold Louis Marie est né le 15 avril 1960 au château du Belvédère, il était le premier enfant du prince Albert et de la princesse Paola. Il est donc le premier dans l’ordre de succession au trône. Philippe a une sœur, Astrid (51 ans) et Laurent (49 ans). Les trois enfants du couple princier sont souvent privés de leurs parents, qui sont souvent absents. Le couple Albert et Paola n'est qu'une apparence, Paola menant sa propre vie sentimentale et Albert ayant même une deuxième famille avec Sybille de Selys Longchamps, dont il aura une fille, Delphine (45 ans).

Lorsqu’il fut clair que son oncle le roi Baudouin et la reine Fabiola n’auraient pas d’enfants, Philippe devint en deuxième ligne, après son père, le successeur potentiel du roi.
Baudouin et Fabiola s’occupèrent alors de plus en plus de l’éducation de leur neveu.

Si le prince Philippe effectue en français ses études primaires et ses trois premières années secondaires au Collège Saint-Michel d'Etterbeek. Il est ensuite interne pendant ses trois dernières années d'humanité en néerlandais dans un internat près de Bruges, en Flandre occidentale.

Le premier Saxe-Cobourg à obtenir un diplôme universitaire

De 1978 à 1981, le prince Philippe suit les cours à l'École royale militaire de Bruxelles. Nommé sous-lieutenant en 1980, il reçoit ses ailes de pilote de chasse des mains du roi Baudouin en 1982. Après la force aérienne, il rejoint la force terrestre à l’école du régiment para commando.

Après sa formation militaire, il se rend aux Etats-Unis pour suivre des études en sciences politiques. Il est le premier Saxe-Cobourg à obtenir en 1985 un diplôme universitaire.

Le prince est connu pour être sportif, il aime aussi les défis. Il suivra ainsi une formation de pilote d’hélicoptère et pilotera longtemps son propre appareil.

Comme son père et son oncle, Philippe est passionné pour le monde de la technique et des sciences, avec un intérêt tout particulier pour l’astronautique. On se souvient ainsi de la discussion tenue en 1992 entre le prince Philippe et l’astronaute belge Dirk Frimout. Il n'y a pas de protocole dans l'espace, a-t-il déclaré d'emblée à l'astronaute avant de lui demander ce qu'il voyait par la fenêtre.

À partir de septembre 1992, Philippe reçoit une dotation publique pour pouvoir s'entourer de ses propres conseillers, et plus ceux de son père ou de son oncle.

Albert préféré à Philippe pour succéder à Baudouin

Le 31 juillet 1993, le roi Baudouin meurt inopinément. Beaucoup s’étonne que ce soit son frère Albert et non son neveu Philippe qui lui succède.

Quelques mois avant le décès inopiné de Baudouin en 1993, un accord avait été passé entre les deux frères. Baudouin devait être opéré du cœur à Paris. Les deux frères se sont entendus pour qu’en cas de décès prématuré de Baudouin, ce soit Albert qui lui succède. Baudouin se souvenait de sa situation de célibataire très jeune lorsqu’il avait accédé au trône. Il ne voulait pas que Philippe se trouve dans la même situation.
Suite au décès de Baudouin, Philippe devient officiellement prince héritier et reçoit le titre de duc de Brabant. Il succède à son père à la présidence d'honneur de l'Office belge du commerce extérieur. Chaque année, il préside plusieurs missions économiques de plusieurs jours à l'étranger. 

Comme le veut la coutume, le prince héritier devient aussi sénateur de droit. Lors de sa prestation de serment, le prince souligne qu’il veut bâtir des ponts entre les différentes Communautés du pays. Le 29 mai 1998, il lance le Fonds Prince-Philippe, qui a pour mission de contribuer à entretenir un dialogue permanent entre les trois communautés.

Un vent de fraîcheur au Palais royal

Le 11 septembre 1999, le prince Philippe crée la surprise en annonçant ses prochaines fiançailles avec Mathilde d’Udekem d’Acoz, 13 ans plus jeune que lui. Une jeune femme blonde et souriante est présentée lors d’une conférence de presse improvisée au château de Laeken.
Avec Mathilde un vent nouveau souffle sur le Palais royal. E, novembre 1999, le Palais organise une grande soirée pour célébrer les fiançailles. Des Belges, choisis au hasard, participent à cet événement.

Le 4 décembre 1999, des millions de téléspectateurs suivent en direct le mariage à l’hôtel de ville de Bruxelles puis célébré en la cathédrale des Saints Michel et Gudule. Pendant plusieurs semaines, des centaines de Belges prennent part aux Joyeuses Entrées pour saluer leur nouvelle princesse.

AP1999

Le couple princier a quatre enfants: la princesse Elisabeth, née le 25 octobre 2001, le prince Gabriel, né le 20 août 2003, le Prince Emmanuel, né le 4 octobre 2005 et la princesse Elénonore, née le 16 avril 2008.
En 2002, l'Université Catholique de Louvain lui octroie le titre de Docteur Honoris Causa.

Deux dérapages retentissants

En 2004, le prince Philippe prend position lors d’une interview avec le magasine Story contre les partis séparatistes. "Dans notre pays, il y a des personnes, des partis tels que le Vlaams Belang, qui sont contre la Belgique et veulent détruire notre pays. Je peux vous assurer qu’ils auront affaire à moi".

Guy Verhofstadt (Open VLD) alors Premier ministre rappelle le prince à l’ordre et estime qu’il a un devoir de neutralité et qu’il doit se tenir en retrait.
Un an plus tard, le Premier ministre doit une nouvelle fois intervenir lorsque le prince Philippe appose sa signature au bas d’un manifeste de la FEB.

Toujours est-il que Philippe aura bénéficié de nombreuses années pour se préparer à son règne. Lorsqu’on lui demandait récemment s’il était prêt à monter sur le trône en cas d’abdication de son père, il a répondu : "Le jour où on me demandera de lui succéder, si on me le demande, quand on me le demande, je serai là !"