Compromis sur l'harmonisation des statuts ouvriers-employés

Les patrons et les syndicats, réunis depuis jeudi matin au SPF Emploi, ont dégagé, vendredi en début d'après-midi, un compromis sur l'harmonisation des statuts ouvriers-employés. Ce compromis sera présenté au kern par la ministre de l'Emploi Monica De Coninck.

Les partenaires sociaux doivent trouver une solution pour le 8 juillet, date fixée par un arrêt de la cour constitutionnelle.
Concrètement, le compromis prévoit la fin de la distinction entre ouvriers et employés et la suppression du jour de carence pour les ouvriers à partir du 1er janvier 2014, par phases.
"La ministre a écouté les partenaires sociaux. C'est un compromis donc il y a des choses qui nous intéressent et d'autres pas. Le compromis sera maintenant présenté à notre base", a commenté Claude Rolin, président de la CSC, à l'issue de la réunion qui a duré plus de 25 heures. Même son de cloche du côté de Pieter Timmermans, administrateur-délégué de la Fédération des entreprises de Belgique.
Les négociateurs avaient été rejoints dans leurs discussions par la ministre de l'Emploi Monica De Coninck et par Yasmine Kherbache , chef de cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo.
La cour constitutionnelle avait estimé dans un arrêt rendu l'an dernier que les entreprises, à partir du 9 juillet 2013, ne pourraient plus faire de distinction entre les ouvriers et les employés, et en premier lieu en ce qui concerne le jour de carence impayé et le délai de préavis des ouvriers.
 

"Un grand sens des responsabilités des négociateurs"

Le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) a souligné le "grand sens des responsabilités" des syndicats, des employeurs et de la ministre de l'emploi Monica De Coninck (SP.A) qui ont négocié 27 heures.
Dans les grandes lignes, le compromis prévoit la fin de la distinction entre ouvriers et employés en termes de préavis et la suppression du jour de carence pour les ouvriers (le premier jour de maladie de ces derniers n'est actuellement pas toujours payé) à partir du 1er janvier 2014, par phases.
Le Premier ministre a adressé ses "chaleureuses félicitations" à tous les participants de la réunion pour le travail "remarquable" effectué.
Elio Di Rupo a également mis en avant "le grand sens des responsabilités" des négociateurs. Pour lui, "le grand sens des responsabilités montre que le travail dur et le sens du compromis rend les choses possibles".
Pour le Premier, le compromis trouvé était "important" car il signifie "un dépassement de ses propres intérêts pour grandir". Selon Di Rupo, il permet de préserver le dialogue social entre partenaires car un "échec aurait signifié la fin de l'interprofessionnel" via des recours aux tribunaux.
Le Premier ministre a aussi souligné la "touche féminine qui a fait la différence" dans les négociations, avec la présence et le travail de Monica De Coninck, sa chef de cabinet et celle du cabinet Di Rupo.