Fête flamande sur un air de campagne électorale

La Fête de la Communauté flamande était célébrée ce jeudi au sein de l’Hôtel de Ville de Bruxelles où les grandes personnalités politiques du pays étaient réunies. Les discussions ont principalement tourné autour de la sixième réforme de l’Etat. Si la N-VA a exprimé une certaine opposition à cette réforme, le président du Parlement flamand Jan Peumans s’est montré peu critique lors de son discours.

Face caméra, les visages étaient souriants en ce 11 juillet 2013. D’aucuns estiment qu’il s’agit de la plus belle Fête de la Communauté flamande de ces 700 dernières années.

"C’est le plus beau 11 juillet depuis 1302. Dans une Belgique désormais réformée, le centre de gravité revient dorénavant aux entités fédérées. La Flandre a obtenu des moyens et des compétences, et peut beaucoup mieux déterminer son avenir. C’est donc vraiment un jour de fête", a déclaré le ministre de la Défense Pieter De Crem (CD&V).

"Je n’étais pas là en 1302. Mais je suis bien content d’être présent aujourd’hui", a pour sa part indiqué le président des chrétiens démocrates flamands Wouter Beke (photo). "Durant des années, chaque 11 juillet, nous avons exigé la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde, l’autonomie fiscale de la Flandre et une réforme de l’Etat. Je suis satisfait aujourd’hui de cette journée de fête", a-t-il poursuivi.

Aux yeux du président de la N-VA Bart De Wever, cette sixième réforme de l’Etat est un bric à brac qui coûtera cher aux Flamands, une opinion que Wouter Beke ne partage pas. "Aujourd’hui, je bois à la santé d’une Flandre forte. Si d’autres préfèrent boire du vinaigre, c’est leur droit", a déclaré le président du CD&V.

Peu d’engouement du côté des opposants à la réforme de l’Etat

"Ceci n’est pas du tout un jour de fête, ça n’a même jamais été aussi peu festif", a déclaré le président du Vlaams Belang, Gerolf Annemans (photo). "Cette réforme rattache encore et toujours la Flandre à la Belgique, sans lui accorder la place qu’elle mérite".

"Cet accord a duré incroyablement longtemps. Ça coûte énormément d’argent et ça ne nous avance finalement pas beaucoup. Nous disons stop à cette réforme de l’Etat. Ça ne nous amène à rien", a pour sa part déclaré Bart De Wever.

Une position fortement critiquée par le député flamand Eric Van Rompuy (CD&V). "Bart De Wever est totalement dans le flamingantisme pubertaire et négatif. Il ne sait pas du tout ce que contient cette réforme. Selon lui, elle coûtera 2 milliards d’euros à la Flandre, alors que ce matin, de nombreux quotidiens indiquait qu’elle rapporterait 175 millions d’euros. Il ne connait donc pas son dossier", a dénoncé le député CD&V.

Un défi pour la Flandre

Dans son discours du 11 juillet, le président du Parlement flamand Jan Peumans (N-VA) a déclaré que cette sixième réforme de l’Etat était un défi auquel la Flandre devra bien se préparer.

"Pour le prochain gouvernement flamand, gérer efficacement ces nouvelles compétences pour répondre aux attentes de la Flandre et des Flamands sera tout un défi. Le défi sera d'autant plus grand que les moyens financiers nécessaires pour exercer ces compétences comme il se doit ne seront pas transférés à 100%", a-t-il déclaré.

Jan Peumans (grande photo) a dans ce cadre appelé à la création d’une Commission de suivi des réformes au sein de l’assemblée flamande.

En ce 11 juillet, alors que la sixième réforme de l’Etat a été concrétisée et que la Belgique est en passe de connaitre une transition royale importante, les hommes politiques flamands semblent d’ores et déjà être lancés dans une pré-campagne électorale. Le 25 mai 2014, les Belges iront en effet aux urnes, pour élire leurs futurs représentants fédéraux, régionaux et européens. En Flandre, les yeux sont rivés sur la N-VA et le CD&V, qui promettent de se livrer une bataille électorale sans merci.