Albert II a signé l’acte officiel d’abdication

A 10h46 exactement, le sixième souverain des Belges a signé l’acte de son abdication dans la salle du trône du palais royal de Bruxelles, en présence de membres de la famille royale, de responsables politiques, représentants religieux et du pouvoir judiciaire. Albert II, qui n’est ainsi plus le chef de l’Etat, a d’abord prononcé un discours ému, dans lequel il s’est notamment adressé directement à son fils Philippe et a remercié la reine Paola.

L’abdication d’un roi est une procédure qui n’est pas reprise dans la Constitution belge. Une règlementation juridique spéciale a donc dû être préparée pour la circonstance. On s’est pour cela notamment basé sur la procédure qui avait été suivie lors de l’abdication du roi Léopold III, en 1951. Albert II a signé l’acte officiel de son abdication en même temps que 14 autres témoins, à l’invitation de la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom.

La reine Fabiola, la princesse Astrid et son époux le prince Lorenz, le prince Laurent et son épouse la princesse Claire, avaient d'abord pris place vers 10h30 dans la salle du trône, suivis par le roi Albert II, la reine Paola ainsi que par le prince Philippe et la princesse Mathilde. Quelque 200 invités étaient présents dans la salle, dont surtout des responsables politiques, des représentants religieux et du pouvoir judiciaire.

Albert II a alors prononcé son dernier discours en tant que chef de l'Etat, commençant par remercier notamment les responsables politiques et judiciaires du pays, ses collaborateurs, mais aussi toute la population belge pour leur soutien. Le souverain s’est alors tourné vers son épouse, la reine Paola, pour la remercier de l’avoir « constamment soutenu dans ma tâche durant ces 20 années. Je voudrais simplement lui dire merci. Et un gros kiss ».

"Philippe, tu as toutes les qualités pour bien servir le pays"

Se tournant ensuite vers son fils et successeur, le souverain a déclaré : « Philippe, tu as toutes les qualités de cœur et d’intelligence pour très bien servir notre pays dans tes nouvelles responsabilités. Toi-même et ta chère épouse Mathilde avez toute notre confiance. Ta mère et moi formons le vœu ardent de plein succès dans cette tâche à laquelle tu es bien préparé ». Un cri du cœur qui a ému de nombreuses personnes dans la salle, à commencer par la princesse Mathilde.

Albert II a ensuite demandé à l’assemblée de « travailler sans relâche à la cohésion de la Belgique. Vous serez ainsi davantage encore des artisans de paix, vous défendrez au mieux le bien-être de tous, et notre pays restera une inspiration pour l’Europe qui cherche l’unité dans la diversité ».

Le Premier ministre Elio Di Rupo a également prononcé un discours avant la signature de l’abdication, remerciant le roi et la reine pour avoir servi le pays « de façon remarquable ». La ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, a ensuite lu l'acte d'abdication dans les trois langues nationales.

Le roi Albert, ému, a finalement signé l'acte d'abdication, qui a aussi été signé ensuite par 14 témoins, parmi lesquels les présidents de la Chambre et du Sénat, le Premier ministre et des responsables du pouvoir judiciaire.

C’est vers midi, au Parlement, que le prince Philippe succédera à son père et deviendra le septième roi des Belges en prêtant serment devant les chambres réunies.