Une Belge promise à un djihadiste en guise de récompense

Une jeune fille de 16 ans originaire de Vilvorde est partie la semaine dernière en Syrie pour y épouser un combattant. Certains experts craignent qu’elle ne soit la première Européenne victime du "djihad par le mariage". C’est ce que révèle ce mercredi le quotidien De Morgen.

La jeune fille d’origine marocaine, qui se serait fortement radicalisée ces derniers mois, a quitté la Belgique jeudi dernier en direction de la frontière turco-syrienne. L’adolescente a depuis fait savoir qu’elle s’était mariée. Elle serait ainsi la première victime européenne du "djihad par le mariage".

Des épouses sont dans ce cadre promises aux combattants sur place, souvent peu de temps avant qu’ils ne meurent en martyre. "Parallèlement, des filles prêtes à se marier à un combattant musulman sont recherchées sur le net", explique l’imam Brahim Laytouss, qui passe sa thèse de doctorat sur la radicalisation des musulmans à l’Université d’Anvers.

"Les filles qui ont des croyances radicales voient des jeunes hommes partir au front pour participer au djihad. Elles se demandent alors ce qu’elles peuvent faire pour leur venir en aide. La réponse qu’elle trouve sur internet est : se marier", indique encore l’imam au quotidien De Morgen.

Ces derniers mois, ce phénomène a pris de l’ampleur, notamment en Tunisie et en Algérie où plusieurs filles ont pris leur départ pour "remplir leur devoir". "Les jeunes filles sont également enrôlées dans les camps de réfugiés syriens", souligne Reinoud Leenders, expert à la London King’s College. "La plupart du temps, ce sont des filles d’environ 16 ans. Dans les milieux salafistes radicaux, elles constituent souvent une récompense pour les combattants qui vont sacrifier leur vie".

La police de Vilvorde a lancé une enquête sur le départ de l’adolescente. Les parents de cette dernière envisageraient de partir à sa recherche en Turquie. "Cela ne sera pas simple", estime Reinoud Leenders. "Il s’agit purement d’abus. Ces filles vivent dans de mauvaises conditions, et une fois qu’elles sont à la merci d’un émir, elles ne peuvent plus partir, même si elles le désiraient".