"Les USA ont aidé la Belgique lors d’un cyber-incident"

Dans une interview accordée au MO*magazine, le général-major Eddy Testelmans confirme que des experts américains en cybernétique liés à l’agence américaine chargée du renseignement électronique (NSA) ont aidé début 2013 le Service général du Renseignement et de la Sécurité de la Défense (SGRS) lors d’un grave incident cybernétique. Les informations fournies auraient aussi permis d’éviter un "possible acte terroriste" en Belgique.
AP2002

« Lors d’un service d’entretien, nos techniciens sont tombés sur un logiciel qu’ils n’avaient pas installé eux-mêmes. Il s’agissait d’un virus d’une certaine complexité. Nous avons donc commencé à déchiffrer et à analyser ce logiciel, pour savoir ce qu’il pourrait avoir comme effet. Il est cependant apparu tellement complexe que nos propres capacités n’étaient plus suffisantes. Nous avons alors demandé l’aide du service Cyber Command de l’armée américaine », explique le général-major Eddy Testelmans dans une rare interview publiée ce mardi dans le MO*magazine.

« Après quelques jours seulement, une équipe de spécialistes américains nous a rendu visite pour nous donner des conseils et nous prêter assistance. Elle nous a aidé à analyser le virus et nous a expliqué comment mieux nous protéger à l’avenir contre ce type de logiciel dangereux ».

Eddy Testelmans, qui dirige le service de renseignement de l’armée, précise en outre que l'agence américaine chargée du renseignement électronique, la NSA (National Security Agency, photo), a fourni à trois reprises des informations qui ont permis d'éviter un "possible acte terroriste" en Belgique.

"Dans trois cas, en effet, un possible acte terroriste a été déjoué sur la base d'une information dont nous pouvons supposer qu'elle venait directement du système Prism » (le programme d'espionnage d'internet de la NSA dont l'existence a été révélée par l'ancien consultant américain Edward Snowden, réfugié en Russie) « et qui nous a été fournie par les canaux classifiés", précise le chef du Service général du Renseignement et de la Sécurité (SGRS) de la Défense. "Si la NSA ne nous avait pas relayé l'information, nous n'en aurions rien su".

Selon le général-major, la Belgique transmet aussi des informations aux Etats-Unis "sur des choses qui peuvent viser les intérêts américains et qui peuvent être vitales". Le numéro 2 de la NSA, John Inglis, a révélé la semaine dernière que ces programmes avaient contribué à prévenir 54 attentats, soit 13 aux Etats-Unis, 25 en Europe, 5 en Afrique et 11 en Asie.

Deux programmes de la NSA sont particulièrement visés par les critiques, même aux Etats-Unis, à savoir le programme Prism de surveillance d'internet et surtout la collecte de métadonnées téléphoniques (durée d'appel, numéro appelé) récupérées auprès des compagnies téléphoniques américaines.

THE ASSOCIATED PRES2013