Une méga-commande de la STIB suspendue par le Conseil d'Etat

Le Conseil d'Etat a suspendu l'exécution d'une commande, portant sur plusieurs millions d'euros, de la STIB. L’information révélée ce jeudi par le quotidien De Tijd a été confirmée à la rédaction de la VRT. La société bruxelloise de transports publics a passé commande de nouveaux bus auprès d’un fabriquant allemand pour un montant de 50 millions d’euros et avait rejeté l’offre du fabriquant de bus VDL Bus Roeselare (Roulers).

Fin juin, la société bruxelloise de transports publics avait fait savoir qu'elle avait commandé 172 bus ( 93 bus standards et 79 bus bi-articulés du type Mercedes Citaro) à EvoBus, la filiale de Daimler. La STIB avait un besoin urgent de nouveaux bus afin de pouvoir répondre à une augmentation du nombre d’usagers. D’après De Tijd, la société qui remportait le contrat pouvait compter, outre sur la commandé de 50 millions d'euros, sur d'autres commandes dans les cinq prochaines années. 

"L’été dernier nous avons appris que dans les deux catégories de bus (à la fois les bus standards et les bus bi-articulés) nous étions de justesse en deuxième position après Evobus" a déclaré Peter Wouters de VDL Bus Roeselare. "Financièrement il y avait une très petite différence mais les critères techniques étaient très différents". Peter Woutyers cite l’exemple du poste de pilotage qui dans sa société était le même dans les deux catégories de bus mais avait été jugé le meilleur pour l’une des catégories et le pire pour l’autre".
Le constructeur flamand n'a pas accepté la décision de la STIB et est allé devant le Conseil d'Etat pour la contester.

Le Conseil d'Etat a décidé mardi de suspendre l'exécution du contrat. Le Conseil d'Etat pointe une motivation défaillante dans la décision d'octroi. La STIB peut désormais attendre le traitement au fond de l'affaire, ou essayer de republier la décision avec une motivation adéquate.
"Nous allons d’abord bien étudier l’arrêt du Conseil d’Etat" a déclaré la porte-parole de la STIB An Van Hamme. "Il ne s’agit pas ici du fond de l’affaire mais de la forme. La STIB va donc étudier l’arrêt et examiner comment rectifier cette affaire le plus rapidement possible".
Chez VDL Bus Roeselaere on conteste que seule la forme soit en cause. "C’est un manque de transparence qui va beaucoup plus loin que la forme" déclare Peter Wouters. "Si seule la motivation est modifiée nous pouvons exiger l’invalidité de la commande. Le fait que le Conseil d’Etat se soit prononcé aussi rapidement est la preuve, selon le fabriquant flamand, qu’il y a autre chose".