Accord sur la nomination et les salaires des dirigeants des entreprises publiques

Le gouvernement fédéral a procédé dimanche à la nomination des nouveaux patrons de cinq sociétés publiques, rabotant au passage sérieusement leurs salaires, qui ne pourront plus dépasser 290.000 euros bruts par an. La surprise est venue de la désignation de Frank Van Massenhove (photo) comme nouveau patron de la SNCB.

Le comité ministériel restreint s'est accordé dimanche sur la nomination des dirigeants de cinq entreprises publiques, a indiqué le premier ministre, Elio Di Rupo. Pour ce qui est des chemins de fer, l'actuel patron du SPF Sécurité sociale, Frank Van Massenhove, sera le nouveau CEO de la SNCB tandis que Luc Lallemand rempilera à la direction d'Infrabel.

Les deux hommes sont étiquetés socialistes, le premier flamand, le second francophone. Le premier ne figurait pas sur la "short list" arrêtée par le chasseur de têtes Egon Zehnder en vue de ces désignations. Le blocage politique autour de ces nominations aura sans doute impliqué d'en sortir. Un problème s'était toutefois posé durant les vacances avec la liste de cinq personnes présentées pour occuper la direction de la SNCB. Il était apparu que l'une des personnes qui y figurait, Ellen Joncheere, ne disposait pas des diplômes requis. La liste avait donc dû être réduite à quatre candidats.

Frank Van Massenhove est connu pour être un profond réformateur. C'est sous sa coupe que le SPF Sécurité sociale a été converti en un service moderne dans lequel les fonctionnaires peuvent critiquer leurs propres chefs et où une grosse majorité du personnel peut travailler à domicile.

Koen Van Loo, étiqueté Open VLD, reste CEO de la Société Fédérale de Participation et d'Investissement (SFPI). Jannie Haek (SP.A, photo) quittera la SNCB pour la direction de la Loterie Nationale. Le chef de cabinet d'Hendrik Bogaert (CD&V), Johan Decuyper, sera le CEO de Belgocontrol.

Si le CEO de Belgacom, Didier Bellens, n'était pas concerné par ce tour de nominations, il n'en va pas de même pour la présidence du CA qui revient à l'ancien ministre de la Justice, Stefaan De Clerck (CD&V, photo). Jean-Paul Servais, étiqueté MR, est renouvelé à la présidence de la FSMA, autorité de surveillance des banques et des marchés financiers.
Le comité restreint s'est enfin accordé sur le montant des rémunérations des "top managers", c'est-à-dire les personnes qui exercent des fonctions exécutives. Leur salaire ne pourra dépasser 290.000 euros: 200.000 euros constitueront la partie fixe tandis qu'une partie variable de maximum 60.000 euros sera octroyée si tous les objectifs de performance assignés sont atteints, a détaillé le ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille (PS). D'autres avantages pourront être octroyés (mise à disposition d'un véhicule, pension complémentaire, remboursement de frais, etc.) pour un montant de 30.000 euros.
Des exceptions seront néanmoins possibles à condition qu'elles n'excèdent pas 10 pc du montant total. "En fonction du nombre de membres du personnel de l'entreprise ou de l'institution, de la position concurrentielle ou d'éléments exceptionnels, le ministre compétent pourra, le cas échéant, justifier un accroissement de maximum 10 % du montant précité", précise le communiqué du premier ministre.
Jean-Pascal Labille s'est réjoui de cette décision qui, dit-il, contribue à rétablir une forme de justice salariale au sein des entreprises publiques.
"Plus que jamais, en ces temps de crise, il faut mettre un terme à l'indécence de certains salaires et rétablir une cohérence avec ce que gagnent les travailleurs de l'entreprise. La qualité d'un manager ne doit pas nécessairement se mesurer à la hauteur de sa rémunération, que ce soit au sein d'une entreprise publique ou d'une entreprise privée", a-t-il ajouté.