"Combien de temps cette saga royale va-t-elle encore durer ?"

Le refus du roi Albert II d’être reconnu comme le père de Delphine Boël (photo) et la diffusion de l’interview accordée par la mère de celle-ci, la Baronne Sybille de Selys Longchamps, à la chaîne flamande "Vier" font l’objet de nombreux commentaires dans les journaux flamands de ce mercredi. Les commentaires sont unanimes, Albert a très mal géré toute cette affaire.

"Cela n’aurait pas dû se dérouler de cette façon" estime la chef de la rédaction politique de Het Nieuwsblad, Lisbeth Van Impe. "La révélation qu’Albert II avait une fille naturelle aura été gênante, pourtant le fait qu’Albert II et Paola avaient des problèmes conjugaux n’était pas véritablement un secret".

"Cela fait dix ans que l’existence de Delphine a été révélée. Pendant tout ce temps la jeune femme est restée très discrète. Pas d’argent, même pas une relation normale, elle ne demande que la reconnaissance qui a manqué dans sa vie et a créé un grand vide" ajoute Lisbeth Van Impe.

Bart Brinckman, dans De Standaard, va dans le même sens "Delphine ne demande ni argent ni même un nom. Elle ne demande qu’un père".

"La médiatisation de la saga de la fille cachée d’Albert ne risque pas de rendre le dénouement plus facile" ajoute l’éditorialiste. "Avec les années, la possibilité que les conséquences d’une relation extraconjugale, où toutes les parties en présence pourraient obtenir satisfaction, semble de plus en plus réduite".

"Un comportement pathétique, douloureux et surtout gênant"

Paul Geudens, dans Gazet van Antwerpen, va encore plus loin et parle d’un "comportement pathétique, douloureux et surtout gênant".

Tout comme Bart Brinckman, il dénonce les allusions lourdes à la vie intime de Sybille de Selys Longchamps dans le documentaire diffusé sur la chaîne "Vier". Mais les deux commentateurs se dépêchent d’ajouter que "c’est d’abord le comportement d’Albert qui a conduit la mère de Delphine à faire de telles déclarations".
Lisbeth Van Impe est plus dure encore pour Mme de Sélys. "Lorsque la deuxième femme attaque la femme de son amant, elle ne fait pas preuve d’une grande classe".

"Ce n’est pas en niant son existence qu’elle disparaîtra"

Le chef de la rédaction politique du Morgen, Steven Samyn se demande ce qu’ Albert "veut obtenir en niant mordicus l’existence de sa fille". "Ce n’est pas en niant son existence qu’elle disparaîtra. Au contraire. Tout le monde est au courant de son existence.

La stratégie du roi est d’aborder ce dossier de manière juridique. Pourtant le fond de l’affaire n’est pas juridique. Un enfant a le droit moral d’être reconnu par son père".
Steven Samyn fait le lien avec la survie de la monarchie et l’héritage d’Albert II en tant que roi. "La seule manière de survivre pour un système, par définition anti-démocratique, comme la monarchie héréditaire, est pour les rois de baser leur autorité sur leur comportement et leur action".

L’attitude d’Albert dans cette affaire jette un coin d’ombre sur l’image du roi qui a assumé de façon correcte sa tâche durant son règne. Cette attitude va continuer aussi à faire du tort au Palais".
"Nous ne vivons plus au Moyen-âge mais au 21ème siècle. Le roi Albert a très mal géré toute cette affaire. S’il est effectivement le père de Delphine, il aurait dû l’admettre immédiatement et ouvertement. Et si ce n’est pas le cas, il aurait dû immédiatement réagir. Noblesse oblige" (NDLR en français dans le texte).

"Seul Albert peut mettre fin à cette saga"

"Seul Albert peut mettre fin à cette saga", ajoute Van Impe. "En faisant ce qu’il aurait dû faire depuis longtemps : reconnaître les conséquences de son comportement passé et reconnaître sa fille. Tant qu’il ne le fait pas, cela jettera une ombre à la fois sur l’ ancien chef d’Etat et sur le père".

"La monarchie a un rôle d’exemple" ajoute Brinckman. "Il est donc grand temps qu’Albert se comporte comme un homme et assume ses responsabilités". "Combien de temps cette saga royale a-t-elle encore durer avant qu’Albert fasse ce que tout père doit faire ?" conclu Samyn.