"Un plan d’aide européen aux réfugiés syriens"

La Belgique devrait-elle suivre l’exemple de la Suède qui a récemment annoncé qu’elle ouvrait ses portes aux réfugiés syriens ? Dans le quotidien Le Soir, la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet a annoncé que notre pays disposait de 4.000 places d’accueil. Elle plaide toutefois en faveur de l’élaboration d’un plan de soutien au niveau européen.

Joëlle Milquet (CDH) veut que la Belgique entreprenne des actions concrètes pour soulager la situation de conflit en Syrie. "On doit tous faire plus, malgré l'austérité, pour l'aide aux camps, aux organisations qui sont sur place", a déclaré Joëlle Milquet dans une interview publiée par le journal Le Soir vendredi.

La vice-Première ministre et ministre de l'Intérieur propose notamment de s'inspirer de la position de la Suède, qui accorde l'asile à tous les demandeurs syriens depuis mardi. "En Belgique, on a 4.000 places libres pour soulager les camps. Que chaque pays prenne sa part, cela montrerait un peu d'humanisme européen! Pour le moment, clairement, on n'aide pas assez!", a déclaré Mme Milquet.

Interrogée ce vendredi matin par l’agence de presse Belga, Joëlle Milquet a toutefois nuancé ses propos, déclarant que la Belgique ne devait pas pour autant effectivement accueillir 4.000 personnes.

La ministre appelle à ne pas focaliser le débat syrien sur la question de l'intervention militaire, mais à la déplacer sur le front humanitaire.

Elle demande ainsi l’élaboration d’un plan d’aide européen en trois axes : augmentation de l'aide humanitaire aux camps de réfugiés autour de la Syrie, traitement des blessés dans les hôpitaux, et accueil temporaire de réfugiés selon un partage équitable en Europe.

"La Belgique a déjà fourni un effort important"

D’après la secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration, Maggie De Block (Open VLD, photo), la Belgique accueille déjà un nombre important de réfugiés syriens. En chiffres absolus, notre pays occupe la quatrième place européenne, indique-t-elle via sa porte-parole.

Le nombre de réfugiés syriens aurait ainsi fortement augmenté depuis le conflit. Si 41 personnes se sont vu octroyer un droit de résidence en 2011, le nombre est passé à 480 en 2012 et à 895 pour les huit premiers mois de 2013. Ces personnes bénéficient le plus souvent de la protection subsidiaire, un statut reflétant les graves menaces pesant sur eux dans leur pays d'origine, mais différent du statut de réfugié politique. Le droit de résidence est accordé pour des périodes de deux ans renouvelables.

Quant aux capacités d'accueil en centre ouvert ou via les communes, le nombre de places disponibles est en réalité de 1.800, précise-t-elle. Sur les 23.000 places que comptait le pays début 2013, 4.000 ont été fermées pour des raisons budgétaires et ne pourront être rouvertes sans budget supplémentaire. Il a toutefois été convenu que 1.800 places pourraient être réactivées en cas de grave conflit international, au Congo, au Proche orient ou ailleurs.

"Mais nous ne sommes pas du tout d'accord pour dire que c'est pour la Syrie", indique encore la porte-parole, en précisant que la question doit être décidée au gouvernement, dans le cadre d'un plan coordonné avec l'UE et le commissariat aux réfugiés de l'ONU.