Le jeune Afghan de Waregem sera bien expulsé

L’expulsion de Navid Sharifi (photo), un jeune plombier de 21 ans parfaitement intégré en Flandre, où il vit depuis 5 ans crée la controverse. Le Commissariat-général aux réfugiés et apatrides a rejeté son ultime demande d’asile. Il devrait être expulsé ce vendredi. L’affaire soulève de vives protestation, même dans les rangs de la N-VA et du SP.A.

Navid Sharifi est arrivé en Belgique en 2008, alors qu'il était encore mineur d’âge. Etabli à Waregem (Flandre occidentale), le jeune Afghan de 21 ans a suivi une formation de plombier et appris le néerlandais. Il a ensuite décroché un emploi de plombier et s'est parfaitement intégré, selon ses employeurs. Il vit par ailleurs en couple avec sa compagne et l'enfant de celle-ci.

Sa demande d'asile ayant été rejetée, Navid aurait dû être renvoyé vers Kaboul mardi déjà, mais son expulsion a été retardée par une ultime demande d'asile déposée par son avocat, Pieter-Jan Staelens. Mercredi, le Commissariat-général aux réfugiés et apatrides (CGRA) rejetait ce recours. Son expulsion est à présent prévue pour ce vendredi.

La situation de Navid Sharifi émeut une partie de la Flandre. Et l'affaire s'est rapidement politisée. Dans l'opposition, les écologistes de Groen demandent à la Secrétaire d'Etat à l'Asile et l'Immigration, Maggie De Block (Open VLD) d'empêcher cette expulsion. "Quelqu'un qui n'est plus retourné en Afghanistan depuis l'âge de quatre ans ne peut pas être renvoyé", fait valoir la sénatrice Freya Piryns (photo).

Plus inattendu, la N-VA a elle aussi pris fait et cause pour le jeune Afghan et critique la politique du gouvernement en matière de politique d'expulsion. "Comment peut-on expliquer que des jeunes parfaitement intégrés et qui paient des impôts doivent quitter le territoire sur le champ, alors que des criminels en situation illégale ne sont pas expulsés", a attaqué le député Theo Francken.

Ce jeudi, le SP.A (qui fait partie de la majorité fédérale) s'est à son tour prononcé contre l'expulsion de Navid Sharifi. "Je lance un appel à la Secrétaire d'Etat Maggie De Block pour qu'elle analyse bien le dossier", a insisté la chef de groupe à la Chambre, Karin Temmerman. "Nous allons renvoyer Navid précisément au moment où il contribue à la société". 

Le jeune Afghan - qui est actuellement détenu au centre d’accueil De Refuge à Bruges - s’est montré très déçu par la réaction des autorités belges. "Ils jouent avec ma vie", déclare le demandeur d’asile qui affirme être en danger dans son pays d’origine.

Selon son avocat, il aurait en effet reçu une lettre, via plusieurs intermédiaires, de laquelle il ressort qu’il est recherché en Afghanistan par les milices islamistes et que sa vie y est encore toujours en danger.

Maître Pieter-Jan Staelens a interjeté appel contre l'ordre d'expulsion de son client, et introduit une nouvelle demande d'asile. C'est l'Office des étrangers qui doit se prononcer sur cette demande, mais la Secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration, Maggie De Block, a le dernier mot.