Un djihadiste présumé interpellé à Vilvorde

La police fédérale belge a interpellé jeudi à Vilvorde un membre présumé d'un réseau djihadiste opérant pour le compte d'une cellule établie à Ceuta, une enclave espagnole du nord du Maroc. L’homme faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Espagne pour appartenance à une organisation terroriste. La cellule pour laquelle il opérait était chargée d’envoyer des combattants dans les rangs d’Al-Qaïda en Syrie.

Intercepté hier matin dans la commune du Brabant flamand, l’homme a été présenté au juge d’instruction. Une demande d’extradition a été émise à son égard. Le mandat d'arrêt a été établi pour participation à une organisation criminelle et terrorisme.

Ismail Abdelatif Al Lal était recherché par Madrid pour être l'un des dirigeants et "l'argentier" de la "dangereuse cellule djihadiste" démantelée à Ceuta ces derniers mois, a indiqué jeudi le ministère espagnol de l'Intérieur. Le coup de filet à Vilvorde fait suite à l'arrestation le 16 septembre à Ceuta du chef présumé du réseau, qui serait lié à Al-Qaïda et soupçonné d'avoir envoyé une cinquantaine de djihadistes en Syrie, dont certains ont commis des attentats suicide, selon le ministère espagnol de l'Intérieur.

L'homme "était le principal responsable d'un réseau actif de radicalisation, recrutement et envoi de moudjahidine et martyrs vers des groupes terroristes et opérationnels en Syrie dont les huit membres avaient été arrêtés le 21 juin à Ceuta", avait précisé le ministère.

Toujours d’après le ministère espagnol de l'Intérieur, Ismail Abdelatif Al Lal recrutait des djihadistes espagnols et marocains pour les envoyer en Syrie. Il serait ainsi impliqué dans la préparation logistique des voyages de ces candidats jusqu'à la frontière turco-syrienne, ultime étape avant l'intégration complète du djihadiste dans les rangs des forces terroristes actives en Syrie. Les autorités judiciaires estiment que c'est lui qui a réussi à convaincre les premiers résidents de Ceuta à se rendre au combat en Syrie. Trois d'entre eux avaient perdu la vie en juin 2012.

Le réseau, qui suivait les ordres de la direction d’Al-Qaïda, était établi en Espagne mais disposait de ramifications internationales au Maroc, en Turquie, en Syrie ainsi qu'en Belgique. Si plusieurs volontaires pour le jihad en Syrie, dont des mineurs, sont également partis ces derniers mois de Vilvorde, le parquet fédéral a précisé qu'aucun dossier n'avait été ouvert à l'encontre de l'individu en Belgique.