La collaboration entre Baarle-Nassau et Baerle-Duc en danger ?

Le conseil communal de Baarle-Nassau (commune de la province néerlandaise du Brabant Septentrional) s’est accordé mercredi soir sur la fusion du village avec deux autres communes néerlandaises. Ce projet soulève des protestations, notamment de la commune flamande de Baerle-Duc (province anversoise), qui est enclavée en territoire néerlandais et enchevêtrée en parcelles discontinues dans Baarle-Nassau.

Les Pays-Bas veulent une fusion administrative d’un plus grand nombre de communes sur leur territoire, estimant que les fonctionnaires d’entités voisines effectuent souvent le même travail dans le domaine de l’aménagement du territoire ou du sport. Il a ainsi été proposé de fusionner la commune néerlandaise de Baarle-Nassau - de façon administrative et pas territoriale - avec les deux communes voisines d’Alphen-Chaam et Gilze en Rijen, afin de faire des économies.

Cette proposition a été approuvée mercredi soir par le conseil communal de Baarle-Nassau. La fusion devrait intervenir en 2015. Mais de nombreux habitants de Baarle protestent, estimant que cette fusion administrative mènera à terme à une fusion territoriale.

Le "Groupe de travail Nassau" a déjà rassemblé plus de 1.000 signatures contre cette fusion et protestait mercredi soir devant le conseil communal. "A long terme, il deviendra impossible d’arranger encore quoi que ce soit dans notre village et la situation deviendra invivable", expliquait Michiel Nooren, membre de ce groupe de pression, au micro de la VRT (Radio 2 Anvers).

"La frontière court comme un patchwork à travers le village de Baarle. Que nous le voulions ou pas, les entités de Baarle-Nassau et Baerle-Duc sont réellement liées l’une à l’autre. Une bonne collaboration est, selon moi, toujours meilleure entre les deux Baarle qu’avec des villages voisins, qui ne nous comprennent pas bien".

Situation unique

Le bourgmestre Leo Van Tilburg de Baerle-Duc (Baarle-Hertog en néerlandais) - enclave belge aux Pays-Bas, appartenant à la province d’Anvers - est également inquiet. Selon lui, une fusion de Baarle-Nassau avec d’autres communes néerlandaises nuira à sa propre commune. Les deux entités collaborent en effet de longue date dans divers domaines, comme notamment la décharge communale, les égouts ou les pompiers.

Pour rappel, les deux communes néerlandophones partagent le nom et le territoire du centre du village de Baarle. Il y a 22 exclaves de Baerle-Duc dans Baarle-Nassau et 8 exclaves de Baarle-Nassau dans Baerle-Duc. Plusieurs de ces exclaves néerlandaises se trouvent elles-mêmes enclavées dans les enclaves belges aux Pays-Bas. Une situation unique et compliquée.

Le bourgmestre faisant-fonction de Baarle-Nassau, Vincent Braam, est par contre en faveur d’une fusion de sa commune avec des voisines néerlandaises. Il considère que la redistribution administrative permettra justement d’éviter une réelle fusion des communes néerlandaises. Selon Braam, la fusion administrative ne nuira pas à la collaboration entre Baarle-Nassau et Baerle-Duc.