Un jeune homme expulsé de Belgique tué en Afghanistan

Un jeune Afghan dont la demande d'asile avait été rejetée en Belgique en 2012 et qui avait été renvoyé en Afghanistan a été tué, selon un de ses amis. "Voilà pourquoi nous demandons un moratoire sur le renvoi de demandeurs d'asile vers des pays en guerre", a déclaré lundi l'avocat Ivo Flachet, du collectif Progress Lawyers Network. L’avocate bruxelloise Selma Benkhelifa impute la responsabilité à la secrétaire d’Etat à l’Asile et à la Migration Maggie De Block (Open VLD).

Ivo Flachet a été contacté lundi par un client afghan qui lui a fait part de la mort d'Aref, un autre client du bureau d'avocats. Aref, 20 ans, était un réfugié afghan originaire de la province de Nangarhar, qui avait introduit une demande d'asile en Belgique en mars 2009. Cette demande et les suivantes, dont la dernière date de l'été 2012, avaient été refusées et Aref avait été renvoyé en Afghanistan.

"J'ai appris son décès par son ami Ajmal Arabzadah", a précisé l'avocat, qui n'a rien pu dire lundi concernant les circonstances dans lesquelles Aref a été tué. "Nous étudions le dossier. Aref était le client d'un de mes confrères qui a depuis quitté notre bureau et travaille à l'étranger".

De son côté, l’avocate bruxelloise Selma Benkhelifa, également du collectif Progress Lawyers Network, indique dans les colonnes du quotidien De Morgen que le jeune Afghan a été tué par les Talibans. Ces derniers auraient voulu l’embrigader, ce qui explique sa demande d’asile. Pour l’avocate, l’Etat belge est responsable de la mort d’Aref car il ne lui a pas accordé de permis de séjour.

"Il a dit la vérité lors de l’introduction de son dossier, mais on ne l’a pas cru. Cette décision et la politique de retour volontaire de Maggie De Block lui ont coûté la vie", dénonce-t-elle. Selma Benkhelifa a fait savoir qu’une procédure allait être lancée contre l’Etat belge si c’est la volonté de la famille de la victime.

"Il est retourné volontairement chez lui"

Le jeune Afghan qui a été tué en Afghanistan après le rejet de sa demande d'asile était retourné volontairement dans son pays d'origine, a déclaré mardi Dirk Van den Bulck, commissaire général aux réfugiés et aux apatrides, sur les ondes de Radio 1 (VRT).

"Les circonstances de la mort ne sont pas encore connues, mais ce n'est pas nécessairement un signe que la politique doit être révisée", a indiqué le Commissaire général. "La Belgique est très prudente dans l'évaluation des demandes d'asile, chaque dossier est examiné scrupuleusement et la situation en Afghanistan est examinée de manière très approfondie."

M. Van den Bulck estime qu'il n'est pas opportun de refuser systématiquement le renvoi de demandeurs d'asile vers des pays en guerre. "Nous devons évaluer chaque pays en tenant compte de la situation réelle sur le terrain", précise-t-il. "La situation en Syrie est différente de celle en Afghanistan. Pour la Syrie, le taux de reconnaissance atteint 95%, mais la situation en Afghanistan est différente."