Un travailleur d'ArcelorMittal met fin à ses jours

Alain Vigneron, un travailleur d'ArcelorMittal militant au sein de la FGTB, a mis fin à ses jours samedi en région liégeoise, deux ans jour pour jour après l'annonce de la fin de la phase à chaud à Liège. Dans une lettre d'adieu, il dénonce le comportement de Lakshmi Mittal et l'inaction des autorités publiques.

Le travailleur, responsable de fabrication au TLB de Chertal, âgé de 45 ans, a mis fin à ses jours car il ne supportait plus une situation qui avait fait éclater sa famille. Il laisse derrière lui une femme, dont il était récemment séparé, et une fille.

"Ma petite femme et ma fille, je veux que vous sachiez que je vous aime mais Monsieur Mittal m'a tout repris: la fierté, la politesse et le courage de me battre pour ma famille", écrit notamment Alain Vigneron.

Dans sa lettre, l'homme de 45 ans pointe aussi du doigt les autorités politiques: "Je me bats depuis 31 ans... Cher gouvernement, allez-vous enfin sauver les milliers d'emplois des familles qui en valent la peine? "

Alain Vigneron a émis le souhait que ses derniers mots soient lus lors de ses funérailles afin de sensibiliser la population au sort des travailleurs d'ArcelorMittal.

La direction "attristée"

La direction d'ArcelorMittal Liège s'est dite "attristée" par le décès d'Alain Vigneron. "Je présente mes condoléances à sa famille. L'entreprise est prête à fournir tout le soutien nécessaire à cette dernière", a ajouté Bernard Dehut, le CEO d'ArcelorMittal Liège.

"Nous savions qu'il traversait des difficultés depuis plusieurs années et nous lui avions fourni une aide psychologique", explique le CEO d'ArcelorMittal. Ce dernier incite d'ailleurs les travailleurs à avoir recours à la cellule médico-psycho-sociale d'ArcelorMittal Liège qui existe depuis près de 20 ans.

M. Dehut rappelle aussi qu'un service d'appel d'urgence, opérationnel 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, a été mis sur pied dès l'annonce d'octobre 2011 concernant la fermeture de la phase liquide de Liège.

De son côté, le ministre de l’Economie Jean-Claude Marcourt a réagi en incitant les négociateurs à "chercher et trouver toutes les solutions possibles pour limiter au maximum les pertes d'emploi et accompagner de la manière la plus efficace et la plus humaine les travailleurs concernés par les décisions d'ArcelorMittal."