Didier Bellens sous le feu des critiques

Didier Bellens a fait l'unanimité contre lui parmi les parlementaires, jeudi matin, lors de son audition devant la commission Infrastructure de la Chambre. Le patron de Belgacom y a notamment été interrogé sur la vente d'un bâtiment de l'opérateur à une société dont il est administrateur, la lettre envoyée au président du CD&V ou encore sur ses mandats.

En ce qui concerne la lettre envoyée par le patron de Belgacom au président du CD&V pour se plaindre de l'attitude du député Roel Deseyn, démarche assimilée par plusieurs membres de la commission à une tentative "d'intimidation", Didier Bellens a répondu qu'il avait "décidé de réagir de manière très discrète après s'être senti attaqué (par les informations parues dans la presse)", suscitant de vives réactions parmi les parlementaires. "Je m'excuse si ma démarche a été mal comprise, mais je n'ai pas à être insulté par qui que ce soit", a-t-il dit.
 

Plusieurs membres de la commission Infrastructure de la Chambre ont exprimé leur mécontentement face à cette lettre. Ainsi la députée socialiste Karine Lalieux a déclaré "votre intimidation est inacceptable alors que vous occupez des fonctions à la tête d’une entreprise publique. Se plaindre auprès d’un président de parti c’est de l’intimidation. La liberté d’opinion s’applique à tout le monde. Le problème ce n’est pas qu’un député ait critiqué votre comportement, , le problème c’est votre comportement". Des propos assez étonnant lorsqu'on sait que Didier Bellens est connu pour être un proche du PS.

"En dehors des réalités"

Interrogé également sur son cumul de mandats, Didier Bellens a répondu qu'il n'en avait qu'un seul d'administrateur dans une société cotée ou commerciale, en l'occurrence chez Immobel.

"Le seul mandat exécutif que j'occupe, c'est chez Belgacom, j'ai donc montré que je préférais les télécoms à l'immobilier", a-t-il conclu en réponse à une question d'un membre de la commission
Selon un article paru dans De Morgen, le patron de Belgacom souhaitait vendre l'immeuble Paille situé rue Lebeau à Bruxelles à la société Immobel dont il est administrateur. Celle-ci aurait reçu les plans techniques du bâtiment il y a deux ans.

"Le bâtiment Paille n'a pas encore été vendu, il n'y a donc pas de conflit d'intérêt", a répondu Didier Bellens. "C'est une décision industrielle. Belgacom possédait une série d'immeubles équipés de technologie pour la téléphonie fixe. Cette technologie a 75 ans et Alcatel n'assurera plus sa maintenance, nous devons donc passer au digital. "

"Il y a eu sept réunions, dont une seule avec Immobel et à laquelle je n'ai pas participé", a-t-il poursuivi. "Les informations étaient connues du marché. Nous répondions à tous les groupes qui venaient poser des questions. Jusqu'à présent nous n'avons reçu aucune offre de prix. Quand le processus sera terminé, on pourra à ce moment-là évaluer la qualité des offres et le conseil d'administration décidera s'il est intéressant de vendre."

Les réponses de Dider Bellens n'ont pas convaincu les parlementaires, qui semblait selon eux "ailleurs" et "en dehors des réalités".

La réalisation d'un audit externe, réclamée par les membres de la commission, ne pose aucun problème au patron de l'opérateur historique. Il s'est en effet dit persuadé que celui-ci arrivera aux mêmes conclusions que celui effectué en interne et qui l'a mis hors de cause.