Des policiers en colère dans les rues de Bruxelles

Environ 4.000 policiers ont manifesté mercredi après-midi pour dénoncer les violences subies par les agents. Ils exigent que des mesures soient prises en vue de mieux les protéger. Les syndicats estiment que seuls deux des treize engagements pris l’année dernière pour lutter contre cette violence ont été tenus.

Au début du mois, des émeutes avaient éclaté à Houthlalen-Helchteren, dans le Limbourg. Plusieurs agents de police avaient alors été blessés, dont un grièvement. Lors de la manifestation de ce mercredi, des collègues ont porté une banderole pour lui souhaiter un prompt rétablissement. D’autres incidents ayant affecté des agents de police ont également eu lieu récemment.

"Le dossier des violences subies par les policiers, qui augmentent tant en nombre qu'en gravité des faits est malheureusement récurrent. Tous les milieux sociaux sont concernés. Du braqueur chevronné au kinésithérapeute, les gens n'hésitent pas à faire preuve de violence physique envers les policiers", avait indiqué Vincent Gilles, président National SLFP-Police, au début de la manifestation.

Quatre syndicats de police doivent rencontrer les ministres de la Justice et de l'Intérieur dans le courant de l’après-midi. "Nous espérons qu'elle leur feront des annonces concrètes et leur présenteront un agenda clair. Si c'est le cas, les policiers retourneront à la Colonne du Congrès où ils achèveront leur action. Dans le cas contraire, ils continueront leur manifestation au carrefour Loi-Régent."

Selon le syndicats, Joëlle Milquet (CDH) et Annemie Turtelboom (Open VLD) ont pris en décembre dernier treize engagements visant à combattre la violence dont les policiers sont les victimes. Un an plus tard, ils estiment que seulement deux de ces treize engagements ont été tenus.

Contre-manifestation de soutien aux Afghans

Une quarantaine de personnes soutenant les demandeurs d'asile et sans-papiers afghans, ont été repoussées par la police dans la station de métro Arts-Loi à coups de pétards. Les manifestants souhaitaient dénoncer les violences policières à l'encontre de 158 Afghans arrêtés mardi aux abords du cabinet du Premier ministre Elio Di Rupo.

Plus tôt dans l'après-midi, la quarantaine de soutiens des demandeurs d'asile et sans-papiers afghans avait occupé le hall d'entrée du CDH, situé rue des Deux Eglises à Bruxelles, pour protester contre l'arrestation musclée des Afghans. Ces derniers ont entre-temps été mis à la disposition de l'Office des Etrangers.

Les activistes ont finalement été reçus par un représentant du parti auquel ils ont pu faire part de leurs doléances. Ils ont notamment réclamé un moratoire sur l'expulsion de ressortissants afghans vers leur pays et un statut juridique pour ceux-ci. Le droit de manifester librement et l'octroi d'un logement aux demandeurs d'asile et sans-papiers afghans faisaient également partie de leurs requêtes.