Les clients belges de HSBC démasqués

Le journal L'Echo a réalisé une enquête qui a conduit à la découverte de 3.137 comptes détenus par 2.450 clients belges de la firme HSBC Private en Suisse, lit-on sur le site internet du journal. "Le banquier suisse a, de manière très concrète, aidé des milliers de Belges à cacher leurs avoirs au fisc de notre pays", souligne le journal. De son côté, le secrétaire d’Etat à la Lutte contre la fraude sociale et fiscale, John Crombez (SP.A) dénonce les disfonctionnements au niveau judiciaire.
AP2013

HSBC, la plus grande banque du monde, a fourni des comptes secrets à Genève à des milliers de Belges fortunés.

Les pratiques des banquiers suisses mises à jour par l'enquête de l'Echo concernent principalement les années 2000 quand la directive européenne sur l'épargne, des opérations de régularisations fiscales ainsi qu'un appel à plus de transparence en matière bancaire ont amené de nombreux Belges à se poser des questions sur le sort à réserver à leurs avoirs situés en Suisse.

"C'est ce moment qu'ont choisi les banquiers suisses de HSBC pour proposer à leurs clients belges, dans des rencontres très discrètes tenues notamment dans des hôtels à Bruxelles ou à Anvers, de se diriger vers des pays comme Panama, les Iles Vierges britanniques et d'autres paradis fiscaux lointains", indique encore le journal.

"Des dizaines de sociétés panaméennes ont été créées à cette occasion par la filiale suisse de la banque britannique pour abriter les avoirs de clients belges, derrière des noms qui ne veulent pas dire grand-chose: Blase Asset Management, Gold Gate Group, Waldron Management Group, Cofisa Holding, Anbert Holding, Fondation Nadasa, Bantac Corporation, Colby Entreprises, Tarcom Investments, Transimmo, etc", ajoute l'Echo.

Parmi les Belges qui se retrouvent sur les fichiers de la banque HSBC, des bijoutiers anversois, des notaires, des avocats, des industriels, des brasseurs, des banquiers et un ministre d'Etat, Roger Lallemand (PS), ainsi que son épouse. Contacté par L'Echo, l'ancien sénateur explique que sa mémoire n'est plus très bonne : "Si vous dites que j'avais un compte dans cette banque c'est probablement vrai" ; a-t-il déclaré.

"Le problème est judiciaire"

"Nous bouclons continuellement de nouveaux dossiers. Certaines personnes optent pour un arrangement à l’amiable avec l’Etat en payant une amende. Elles évitent ainsi de devoir faire face à des poursuites judiciaires", indique le secrétaire d’Etat à la Lutte contre la fraude sociale et fiscale, John Crombez (SP.A).

Mais quand l’affaire aboutit au tribunal, les grands fraudeurs échappent souvent à une condamnation. John Crombez déplore cette situation, et dénonce un disfonctionnement de la justice : "Il y a évidemment des problèmes au niveau des tribunaux. On ne peut que le constater. Nous attrapons davantage de fraudeurs, mais j’ai beaucoup de mal à les envoyer vers les tribunaux, car actuellement, nous ne savons pas si ces derniers luttent de façon rapide et efficace contre la fraude", souligne-t-il.

Le secrétaire d’Etat réagissait à l’interview de Jean-Claude Delepière, le chef de la cellule de traitement des informations financières accordée au quotidien De Morgen. Il y déclare que les