La N-VA donne sa définition du confédéralisme

Le parti nationaliste flamand propose de redistribuer toutes les compétences de l’Etat belge entre la Flandre et la Wallonie. Pour la N-VA, Bruxelles ne doit plus être une Région à part entière. Le Chambre et le Sénat devraient aussi disparaître dans leur forme actuelle ainsi que le poste de Premier ministre.

Pour le parti nationaliste flamand, la Belgique ne doit plus être composée que de deux entités fédérées, la Flandre et la Wallonie. Les Bruxellois devront choisir leur camp.
Dans un document de 72 pages, la N-VA présentera ce mercredi après-midi sa définition du confédéralisme. La VRT en publie déjà les grandes lignes.

Concrètement toutes les compétences qui demeurent encore fédérales seront scindées et partagées entre la Flandre et la Wallonie: les impôts des personnes physiques, les soins de santé, les pensions, les allocations familiales, les indemnités de chômage, la justice etc. L’Etat belge ne sera plus qu’une coquille vide. La dette de l’Etat restera toutefois belge, comme la Défense et la politique d’asile. Le parti de Bart de Wever propose aussi de démanteler la dette publique fédérale sur une période de 25 ans.

Pour la N-VA, la région de Bruxelles-capitale et la Communauté germanophone auront un statut spécial.

La N-VA veut aussi supprimer la Chambre et le Sénat dans la forme que nous connaissons aujourd’hui. A la place,le parti de Bart de Wever propose la création d’un Parlement belge composé de 50 membres, la moitié issu du Parlement flamand et l’autre moitié du Parlement wallon.
Le gouvernement belge comptera encore six ministres bilingues, trois Flamands et trois Francophones, choisis par la Flandre et la Wallonie. L’un d’entre eux sera le président. Le poste de Premier ministre comme nous le connaissons aujourd’hui disparaîtrait également.
La monarchie ne disparaît pas mais le rôle du roi sera uniquement protocolaire, le souverain perdrait ses prérogatives politiques.

La direction de la N-VA doit présenter le texte complet de son congrès à 16h à Bruxelles.

Réaliste ou pas ?

Ce que la N-VA ne dit pas c’est quand elle compte instaurer ce confédéralisme. Immédiatement après les élections ou beaucoup plus tard ?

Pour pouvoir réaliser de nombreux points de son programme la N-VA devrait obtenir une majorité des deux tiers. Le parti nationaliste flamand va-t-il chercher à obtenir cette majorité durant la formation du gouvernement ?
De nombreux observateurs se demandent aussi avec qui la N-VA pourrait gouverner avec un tel programme ?

Du côté des partis francophones la réponse est déjà négative. Et même pour les partis flamands comme le CD&V, ces propositions vont beaucoup trop loin. Quant à l’Open VLD il a déjà annoncé qu’il ne voulait pas d’une nouvelle réforme de l’Etat.

"Néfaste", selon Groen; "naïf" pour le Vlaams Belang

Seuls Groen et le Vlaams Belang, parmi les partis flamands, avaient réagi mercredi en fin d'après-midi aux dernières propositions institutionnelles de la N-VA, qui ont suscité une levée de boucliers du côté francophone.

Le parti écologiste critique "une révolution néfaste pour les Flamands, les Wallons et les Bruxellois", tandis que le Vlaams Belang ironise sur "un attachement naïf à la Belgique".

Le chef de groupe de Groen à la Chambre, Stefaan Van Hecke (photo), se montre très inquiet des dernières propositions de la N-VA. "Elle appelle ça du confédéralisme, mais c'est en fait du séparatisme. Aucun autre parti ne voudra négocier sur ces réformes car elles signifieront, pour nos citoyens et entreprises, que nous serons embarqués dans des années de réformes institutionnelles", selon lui. Quant au choix proposé pour les Bruxellois, Stefaan Van Hecke y voit "un cauchemar administratif".

A l'opposé, le Vlaams Belang trouve que les propositions de la N-VA ne vont pas assez loin. "Malgré quelques propositions ambitieuses", la N-VA raisonne encore dans le modèle belge, déplore le parti d'extrême-droite.