BNP Paribas Fortis devient totalement française

Le gouvernement fédéral belge a décidé mercredi soir de céder les 25% qu’il détenait depuis 2008 dans la banque BNP Fortis à son actionnaire majoritaire, BNP Paribas, pour un montant de 3,25 milliards d’euros. Le groupe français, qui détenait déjà 75% de Fortis, en devient ainsi l’unique actionnaire. L’opération doit permettre à la Belgique de réduire son endettement public, plus précisément de faire repasser ce dernier sous la barre symbolique des 100% de son produit national brut.

En 2008, l'Etat belge avait injecté - via la Société fédérale de participations et d'investissement (SFPI) -  quelque 2,35 milliards d'euros et pris 25% des parts de Fortis pour éviter le naufrage de la banque au début de la crise financière. Le groupe français BNP Paribas avait alors repris 75% des parts.

Ce mercredi soir, le gouvernement fédéral a cependant décidé de céder ses parts à l’actionnaire majoritaire, BNP Paribas, qui devient ainsi unique actionnaire de BNP Paribas Fortis. Selon le communiqué du gouvernement et du groupe français, le montant de la cession est de 3,25 milliards d’euros. L’Etat belge réalisera un gain en capital "d’environ 900 millions d’euros" à la clôture de la transaction.

Cette cession intervient à deux jours d'un rapport que la Commission européenne sur la santé budgétaire de la Belgique. L'opération devrait en effet permettre à notre pays de diminuer quelque peu son endettement public, et de le refaire passer sous la barre symbolique des 100% de son PNB - comme promis à l'Europe.

"Le produit de cession de 3.250 millions d'euros va aider l'Etat belge à atteindre ses objectifs en terme de dette publique", ont confirmé le Premier ministre Elio Di Rupo (PS) et le ministre des Finances, Koen Geens (CD&V) mercredi soir. "Par ailleurs, l'Etat belge salue l'investissement très important de BNP Paribas réalisé en Belgique pour l'installation de deux centres de données pour l'ensemble du groupe", ont-ils ajouté.

Selon Di Rupo et Geens, la prise de contrôle à 100% de Fortis par BNP Paribas ne minera en rien l'ancrage belge de la banque. "Le plan stratégique de BNP Paribas Fortis "Bank for the Future" communiqué le 25 mars 2013 sera poursuivi et la gouvernance de BNP Paribas Fortis continuera de refléter l'identité belge de l'institution, notamment via une représentation appropriée de membres indépendants belges au conseil d'administration jusqu'en 2020, et via le maintien en Belgique de centres d'expertise", assure ainsi le communiqué.

S'il cède ses parts dans Fortis, l'Etat belge reste toutefois actionnaire de BNP Paribas dont il détient 10% du capital.

"Pas certain que l’endettement passe sous les 100% du PIB"

Le ministre des Finances Koen Geens (photo) a salué jeudi le "bon deal" conclu par le gouvernement fédéral en vendant sa participation dans Fortis Banque (BNP Paribas Fortis) au groupe bancaire français BNP Paribas. "Nous n'avons pas vocation à rester dans une banque, dans aucune banque", a-t-il souligné.

"Nous nous étions dit que quand nous pourrions vendre des actifs non-stratégiques, nous le ferions", a expliqué le ministre à la RTBF, précisant que la réflexion préalable à la vente des 25% de Fortis Banque a été longue. "C'était le bon moment pour vendre une participation, car la plus-value est importante." Il n'est pas certain que la plus-value aurait encore augmenté beaucoup si l'on avait attendu, "car nous avons ici une banque qui fonctionne bien".

Le ministre des Finances a cependant refusé de confirmer que cette opération permettrait effectivement de faire repasser la dette publique sous le seuil des 100% du produit intérieur brut (PIB). Il a aussi réfuté les soupçons que le choix de vendre la participation belge dans Fortis Banque ait été imposé par l'Europe afin de réduire cette dette publique.

Koen Geens a encore estimé que "la participation de l'Etat avait certainement contribué à la stabilisation de la banque". Tout en rappelant que la Belgique gardait ses administrateurs indépendants, le ministre a déclaré ne pas craindre pour les activités en Belgique. "On leur fait confiance, aux Français. BNP Paribas est un peu l'ancienne Générale de Banque."

Et le ministre des Finances d’ajouter que, à terme, le gouvernement fédéral projette de se défaire aussi de Belfius, l’ancienne banque Dexia.