Le patron de Belgacom viré sans indemnité

Le patron de Belgacom, l'opérateur historique de télécommunications belge, Didier Bellens, a été "révoqué" vendredi soir par le gouvernement pour "manquement grave" à ses devoirs. Le gouvernement fédéral réuni en comité restreint a estimé que les incidents et polémiques qui se sont répétés ont entamé la relation de confiance entre M. Bellens et l'État, actionnaire majoritaire de l'entreprise. Décidée en raison de "manquements graves à ses devoirs", la révocation de M. Bellens n'entraînera pas de versement d'indemnité de départ. Les pouvoirs d'administration ont entre temps été provisoirement délégués au duo Stewart - De Clerck.
Nicolas Maeterlinck

Le gouvernement invoque plusieurs éléments: M. Bellens (photo) n'a pas contribué à garantir une bonne entente entre l'entreprise et l'État, les incidents et polémiques ont érodé la relation de confiance avec l'administrateur délégué, les déclarations "dénigrantes ou inopportunes" faites à l'égard de l'État, en particulier celle du 7 novembre où le premier était comparé à un petit enfant attendant sa Saint-Nicolas, ou encore les controverses qui ont éclaté à propos de certains départs, promotions ou licenciements de hauts cadres depuis 2011.

"Tous ces éléments ont incontestablement nui à l'image de l'entreprise, particulièrement importante dans le contexte concurrentiel actuel", a précisé M. Labille. Le constat du gouvernement implique que Didier Bellens ne touchera pas d’indemnité de départ, alors qu’il réclamait un "parachute doré" d'un montant compris entre 800.000 et plus de deux millions d'euros.

Coté à la Bourse de Bruxelles, Belgacom est détenu à 53,5% par l'Etat belge. L'action a gagné vendredi 1,31%, à 20,85 euros.

Les pouvoirs provisoirement délégués au duo Stewart - De Clerck

Le conseil d'administration de Belgacom a provisoirement transmis les pouvoirs d'administrateur délégué(CEO) au directeur financier (CFO) Ray Stewart et au président du conseil d'administration Stefaan De Clerck (photo), a annoncé l'opérateur samedi. Ils reprennent ainsi la fonction de Didier Bellens.

Une procédure de sélection d'un nouvel administrateur délégué sera mise en oeuvre dans les plus brefs délais. La nouvelle nomination pourrait toutefois se faire attendre plusieurs semaines, selon Stefaan De Clerck.

Le gouvernement demandera au comité de rémunération de Belgacom de formuler une proposition de salaire qui tienne compte des décisions prises en septembre lors de la désignation des dirigeants d'entreprises publiques à 100% -le salaire de ces "top managers" a été plafonné à 290.000 euros- et de la spécificité de Belgacom, société cotée en bourse qui compte donc des actionnaires privés.