Un prêtre pédophile belge jugé au Canada

C’est ce lundi que débute à Iqaluit, au nord du canada, le procès du prêtre Eric Dejaeger (65 ans), originaire de Roulers (Flandre occidentale), soupçonné d’avoir commis 76 crimes sexuels sur des mineurs d’âge dans les années 1970 et ’80, dans le village d’Igloolik. Les débats devraient durer jusqu’à 10 semaines.

Le procès du prêtre belge sera l'un des plus onéreux de l'histoire du territoire canadien, en raison des frais liés aux auditions des nombreux témoins qui vivent dans des régions isolées. La plupart des 41 plaignants font en effet partie d’une communauté inuite.

"Les plaignants ont le droit de raconter leur histoire et la défense de les contre-interroger. Cela prendra du temps", a déclaré le procureur Barry Nordin. "Un procès équitable est fondamental et nous ne devons donc pas regarder à la dépense." Les débats pourraient donc durer jusqu’à dix semaines.

Eric Dejaeger sera défendu par Maître Malcolm Kempt, tandis que le ministère public sera représenté par Doug Curliss, un avocat général extérieur au territoire. Lors de la dernière comparution du prêtre, le 1er octobre dernier, le juge Kilpatrick avait exprimé la nécessité d'ouvrir rapidement un procès qui avait déjà été reporté à plusieurs reprises.

Originaire de Roulers (Flandre occidentale), le prêtre Eric Dejaeger a renoncé à sa citoyenneté belge et est devenu citoyen canadien en 1970. Il s'est exilé dans le but de convertir les Inuits au christianisme. Il a vécu à Igloolik entre 1978 et 1982 avant de déménager à Baker Lake, un autre hameau du Nunavut, où il a vécu jusqu'en 1989.

En 1990, Dejaeger a été condamné à cinq ans de prison pour abus sexuel sur mineurs, mais a été libéré après 18 mois de détention. En 1995, à la suite de nouvelles plaintes, le prêtre a pris la fuite et est revenu dans la clandestinité en Belgique. Il a été repéré par Interpol.

Le prêtre pédophile a ensuite été extradé en janvier 2011 vers le Canada, où il attend depuis en prison que son procès débute. Depuis lors, de nombreuses plaintes se sont ajoutées au dossier. Le procès qui s'ouvrait ce lundi abordera également des faits qui auraient été commis à Edmonton entre 1975 et 1978.