"Les CPAS flamands renvoient les allophones vers Bruxelles"

Les CPAS de certaines communes flamandes, dont celui d'Anvers, renvoient vers Bruxelles des gens dont ils ne veulent pas s'occuper, accuse dans les colonnes du Soir le président du CPAS de la Ville de Bruxelles, Yvan Mayeur. La présidente du CPAS d’Anvers, Liesbeth Homans (N-VA) nuance ces accusations.

Le quotidien Le Soir évoque le cas d'une femme qui a déménagé de Bruxelles vers Anvers. Elle a demandé le bénéfice du revenu d'intégration mais le CPAS de la métropole le lui a refusé au motif qu'elle ne parle pas néerlandais, ce qui "hypothèque ses chances sur le marché du travail" et la contraint "à rester dépendante de la collectivité", ne peut justifier la provenance de certains revenus et n'a pas signifié au CPAS d'Anderlecht qu'elle déménageait. Oralement, il lui a été signifié de demander de l'aide au CPAS de la Ville de Bruxelles.

Un CPAS peut refuser le versement du revenu d'intégration si le demandeur ne communique pas l'origine d'un revenu qu'il perçoit mais une aide ne peut être refusée sur la base de la méconnaissance d'une langue. Ce motif de refus et le renvoi vers Bruxelles serait monnaie courante en Flandre, d'après plusieurs présidents de CPAS interrogés par le quotidien.

"Personne ne peut exiger qu'un demandeur parle une langue. Et pourtant, c'est une pratique courante en Flandre. Certaines communes, dont Anvers renvoient vers la Ville de Bruxelles les personnes dont elles ne veulent pas s'occuper. Cela a été le cas pour cette dame mais nous avons déjà eu des documents d'autres entités qui payaient carrément aux demandeurs un billet de train aller simple pour Bruxelles. Ce n'est pas une façon de résoudre le problème. J'en ai marre de cette Flandre qui n'assume pas. Si elle a besoin de Bruxelles pour financer sa politique sociale, c'est une honte", a déclaré M. Mayeur (photo).

Homans nuance

La présidente du CPAS d'Anvers Liesbeth Homans (N-VA) dément que des personnes demandant un revenu d'intégration à Anvers soient renvoyées vers Bruxelles si elles ne maîtrisent pas le néerlandais. Selon Liesbeth Homans (photo), le CPAS demande seulement de bien vouloir apprendre le néerlandais, mais ne peut pas refuser une aide s'ils refusaient de faire cette démarche.

"Les affirmations d'Yvan Mayeur ne reposent absolument sur rien", réagit Liesbeth Homans. "Je ne me prononce pas sur des cas individuels, mais nous n'exigeons pas que les gens parlent déjà le néerlandais: nous leur offrons la chance d'apprendre la langue et les accompagnons dans ce sens".

Les personnes qui refuseraient ne peuvent juridiquement pas se voir refuser un revenu d'intégration. "Nous ne les attendons pas avec un bâton derrière la porte. Heureusement, la plupart voient cela comme un avantage pour elles", poursuit la présidente de CPAS. "Nous ne le demandons pas pour les harceler mais bien pour les aider."

Liesbeth Homans trouve "hallucinant que Yvan Mayeur ait le temps de s'occuper de critiques injustes sur Anvers". Le futur bourgmestre de Bruxelles ferait selon elle "mieux de s'inquiéter des nombreux problèmes et scandales au CPAS de Bruxelles, comme le dispositif hivernal".

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