La Belgique libère une membre présumée de l’ETA

La justice belge a décidé de libérer une membre présumée d'un commando de l'organisation séparatiste basque ETA, accusée de plusieurs assassinats, et qui avait été interpellée à Gand en octobre dernier.

"Maria Natividad Jauregui Espina a été libérée" et a quitté la prison de Bruges où elle était emprisonnée, a indiqué la porte-parole du parquet fédéral belge, Lieve Pellens. La Cour de cassation a rejeté un pourvoi visant à annuler une décision prise par la chambre des mises en accusation de Gand, une juridiction d'instruction, qui s'était opposée à l'extradition de Mme Jauregui vers l'Espagne en arguant qu'il y avait un risque pour ses droits, a ajouté Mme Pellens. "Dès lors, plus rien ne s'opposait à sa libération", a-t-elle dit.

En fuite depuis 1979, Maria Natividad Jauregui Espina, alias "Pepona", 55 ans, avait été interpellée à Gand le 8 octobre dernier dans le cadre de deux mandats d'arrêt européens, l'un pour "assassinat" et l'autre pour "terrorisme", selon les autorités espagnoles. Elle fut membre "du commando Vizcaya entre janvier et juillet 1981 et responsable, avec le reste de ses membres, de diverses actions terroristes dirigées contre les forces de sécurité de l'État", selon le ministère de l'Intérieur espagnol.

Selon son avocat, Paul Bekaert, sa cliente est uniquement accusée d'avoir monté la garde lors d'une fusillade en 1981 au cours de laquelle des voitures de la garde civile espagnole ont été visées mais qui n'a fait aucun mort, et d'une tentative d'assassinat sur un lieutenant-colonel à Bilbao.

L'ETA, classée organisation terroriste par l'Union européenne et les États-Unis, est considérée comme responsable de la mort de 829 personnes en plus de 40 ans de lutte armée pour l'indépendance du Pays basque et de la Navarre.

Très affaiblie après de nombreuses arrestations dans ses rangs, l'organisation basque avait annoncé le 20 octobre 2011 qu'elle mettait fin définitivement à la violence. Mais le groupe refuse depuis de déposer les armes et de se dissoudre, dénonçant le refus de l'Espagne et de la France d'ouvrir des négociations, en particulier sur le sort de ses quelque 600 militants détenus dispersés dans des prisons des deux pays.

Madrid a décidé de maintenir sa ligne dure face à l'ETA, refusant toute négociation sur les prisonniers. Plusieurs membres présumés de l'ETA ont été arrêtés ou extradés en provenance de pays étrangers vers l'Espagne ces derniers mois.