L’Agence pour la sécurité alimentaire dénonce des économies

L’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (AFSCA) estime que les économies sur son budget menacent ses activités principales. Il ne resterait pas assez d’argent pour certaines analyses ou les déplacements d’agents. Le patron de l’Agence, Gil Houins, a écrit une lettre à ce sujet au Premier ministre Elio Di Rupo, soutenu par le président du syndicat Boerenbond Piet Vanthemsche (ancien patron de l’AFSCA) et des organisations de consommateurs, notamment.

La lettre de mise en garde adressée au Premier ministre Elio Di Rupo émane du Comité scientifique de l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, des secteurs économiques et des organisations de consommateurs, qui conseillent l’AFSCA. Ils estiment que de lourdes économies sur le budget de l’Agence pourraient menacer ses activités de base.

En cas de fortes coupes budgétaires, il n'y aurait pas assez d'argent pour mener des analyses ou encore payer les frais de déplacement des agents. « Les membres du Comité scientifique de l’AFSCA estiment que des économies mettent en danger la continuité du travail de l’Agence, comme garantie pour le consommateur et comme autorité responsable pour la certification des exportations ».

Le Comité indique que l’Agence disposera en novembre, par exemple, de trop peu de substances en réserve pour pouvoir effectuer des analyses. Les inspecteurs qui font des contrôles dans les entreprises ne seront bientôt plus remboursés pour leurs frais de déplacement, ce qui met en danger la délivrance de certificats pour l’exportation de denrées alimentaires.

Le directeur de l’Agence, Gil Houins, affirme dans la lettre que si le gouvernement fédéral ne prête pas attention à ses mises en garde, l’AFSCA pourrait être contrainte de stopper ses activités de base en cette fin d’année.

Le président du grand syndicat Boerenbond, Piet Vanthemsche (photo) - ancien directeur de l’AFSCA -, ne pense pas que l’Agence fermera ses portes, mais espère que le gouvernement fédéral prendra garde au signal d’alarme qu’elle vient de lancer. Il se dit notamment inquiet pour la bonne réputation de l’Agence auprès des consommateurs.

"Critiques injustes"

L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire a également réagi jeudi à des critiques parues dans la presse selon lesquelles le contrôle alimentaire belge serait déficient. L'article du quotidien De Standaard faisait état d'un audit réalisé cette année par une équipe d'inspection de la Commission européenne à l'AFSCA. Selon le journal flamand, il en ressort une série de manquements dans les contrôles effectués par les agents belges et un certain laxisme au niveau des sanctions.

Les inspecteurs européens auraient notamment critiqué l'attitude de l'Agence fédérale vis-à-vis d'une entreprise belge de fabrication de lait en poudre, dont 16 tonnes de marchandise avaient dû être retirées des magasins russes en 2012 parce que contaminées par la salmonelle. L'entreprise n'avait reçu que deux amendes, de 1.250 et 1.500 euros.

Dans son communiqué, l'AFSCA rappelle que sa fonction répressive comprend la saisie de denrées (772 tonnes en 2012), la fermeture temporaire d'établissements (123 en 2012) et l'interruption de la certification à l'exportation. "C'est ce qui s'est passé avec la société laitière évoquée par De Standaard, et cette mesure est bien plus pénalisante qu'une quelconque amende administrative", se défend l'Agence. Et de conclure que "le dernier rapport sur la Belgique publié également par l'Office alimentaire et vétérinaire de la Commission, il y a un mois, ne fait même pas de recommandation à l'Agence après avoir vérifié ses procédures de contrôle ».