Découverte de 369 sociétés offshore de diamantaires anversois

Pas moins de 193 familles anversoises de diamantaires ont dissimulé des capitaux à l’Etat belge pendant des années par le biais de 369 sociétés-écran dans des paradis fiscaux. Le journal financier De Tijd rapporte cette information, sur base de milliers de données bancaires volées il y a près de 5 ans au sein de la banque britannique HSBC, en Suisse, par un ancien collaborateur.

Le journal flamand De Tijd a pu mettre la main sur les fichiers secrets relatifs à 3.137 comptes détenus par 2.450 Belges auprès de la banque privée HSBC en Suisse. Parmi ces 2.450 Belges figurent une majorité de diamantaires (ils représentent 70% de la liste), mais aussi d'anciens footballeurs professionnels, des avocats, des notaires, des médecins, des dirigeants d'entreprise, des membres de la noblesse et même un ministre d'Etat.

Des données volées par un ancien collaborateur de HSBC, il ressort, selon De Tijd, que 369 sociétés offshore sont entre les mains de 193 familles de diamantaires anversois. Aucune mention n'est faite de ces sociétés offshore dans les statuts ou comptes annuels des sociétés anversoises de ces familles, dont le chiffre d'affaires va de quelques dizaines à plusieurs centaines de millions d'euros.

La plupart des sociétés offshore sont localisées dans les îles Vierges britanniques (149), à Panama (62), en Suisse (53), aux Seychelles (29), au Liechtenstein (27), aux Bahamas (11), à Maurice (7), Hong Kong (6), aux îles Caïman (5), à Dubaï (3) et Singapour (3).

Le secteur diamantaire affirme, pour sa part, que nombre de professionnels songent à quitter la Belgique parce que le fisc et la justice se montrent de plus en plus stricts et attentifs à leur gestion financière. Quoi qu’il en soit, des centaines de millions d’euros échappent encore toujours au fisc belge.

John Crombez constate une amélioration

Le Secrétaire d’Etat à la Lutte contre la fraude fiscale (SP.A) affirmait vendredi soir, dans l’émission « Terzake » de la VRT, qu’il n’est pas vraiment inquiet de cette situation. On sait en effet depuis quelques temps que des impôts ont été éludés depuis 2007 via la banque britannique HSBC.

John Crombez (photo) se montre même optimiste. Selon lui, les nombreux scandales fiscaux récents démontrent que de plus en plus de cas de fraude sont mis au jour et que les banques et les fraudeurs y réagissent. Via des amendes et des règlements judiciaires à l’amiable, des centaines de millions d’euros ont déjà pu être récupérés. Un nombre croissant de banques déconseilleraient à leurs clients de recourir à des pratiques frauduleuses.

Depuis l’an dernier, le gouvernement belge a introduit un plan d’action contre la fraude fiscale et sociale. Et ce plan fonctionne, affirme le Secrétaire d’Etat. Il souligne que l’inspection spéciale des impôts a été renforcée et que cela rapporte des résultats. Crombez estime que la lutte contre la fraude donnera encore davantage de résultats à l’avenir.