"Il ne faut pas faire de la majorité en Flandre une exigence essentielle"

"Un gouvernement fédéral disposant d’une majorité en Flandre après les prochaines élections serait une bonne chose, mais l’Open VLD refuse que cela ne devienne une exigence essentielle". Par cette prise de position, la ministre de la Justice Annemie Turtelboom s’est distancée du CD&V, qui exclut de participer à un gouvernement qui n'aurait pas la majorité dans le camp flamand du parlement.

La semaine dernière le CD&V n’y avait pas été par quatre chemins. Pour les démocrates-chrétiens flamands, une participation au gouvernement fédéral, après les élections de mai 2014 est exclue sans disposer d'une majorité en Flandre. Actuellement les partenaires flamands de la coalition au pouvoir au fédéral, le CD&V, le SP.A et l’Open VLD ont, en effet, deux sièges de moins que l’opposition flamande composée de Groen, de la N-VA, du Vlaams Belang et de la LDD.

Interrogée dans l’émission dominicale de la VRT "De zevende dag" sur le fait de savoir si cette majorité flamande était aussi une exigence pour l’Open VLD, la ministre de la Justice Annemie Turtelboom a estimé que "ce serait logique mais qu’il ne fallait pas décréter une inflation des conditions essentielles. Pour nous le socio-économique doit être la priorité au cours des prochaines années", a-t-elle ajouté. Bref, pour l’Open VLD, le prochain gouvernement fédéral ne devrait pas nécessairement disposer de la majorité en Flandre.

Ressourcement idéologique de l'Open VLD

En clôturant le "congrès d'avenir" qui a discuté durant trois jours à Ixelles du "positionnement politique" de l’Open VLD au cours des prochaines années, la présidente des libéraux flamands, Gwendolyn Rutten a déclaré :"Notre choix est clair: il s'agit de notre avenir, il s'agit des réformes socio-économiques".

Gwendolyn Rutten s'est montrée enthousiaste à propos du ressourcement idéologique de son parti, même s'il ne s'agissait pas (encore) d'approuver le programme de l'Open VLD pour les élections du 25 mai 2014. Un congrès programmatique est prévu au printemps prochain.

"Notre objectif est d’obtenir en 2014 plus de voix que les 14% du précédent scrutin. Nous croyons au progrès", a-t-elle dit, ajoutant que l'Open VLD était favorable à de "nouvelles solutions". Elle a résumé les thèmes contenus dans la "déclaration d'avenir" des libéraux flamands: le "plan 5-5-5", élaboré par la direction du parti et qui prône une réduction de 5% des dépenses publiques qui permettrait une baisse de charges de 5 milliards d'euros pour les employeurs et d'autant pour les travailleurs "pour donner de l'oxygène à l'économie, une réforme des droits de succession, un service communautaire pour les chômeurs de longue durée et le fédéralisme.

Sur les questions institutionnelles, Mme Rutten s'est contentée d'affirmer que l'Open VLD souhaitait participer au prochain gouvernement disposant d'une majorité simple - et pas nécessairement des deux tiers, nécessaire à une révision de la Constitution. "Vous ne pouvez pas mener (simultanément) une nouvelle réforme de d'Etat et mettre l'accent sur l'économique", a-t-elle fait valoir.

La véritable vedette du congrès libéral aura été la secrétaire d'Etat à l'Asile et à l'Immigration, Maggie De Block, qui a présidé la réunion durant les trois jours.

Elle a été saluée par des applaudissements nourris quand elle est montée sur scène au son de "Don't stop me now" de Queen.
Plusieurs intervenants ont rappelé que les sondages faisaient d'elle la femme politique la plus populaire en Flandre.