L’avocat de Jean-Pierre Bemba arrêté à Bruxelles

Au total, quatre proches de l'ex-vice-président congolais Jean-Pierre Bemba, jugé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité, ont été arrêtés pour subornation de témoins dans cette affaire, une première dans l'histoire de la Cour pénale internationale (CPI).

Président du Mouvement de Libération du Congo (MLC), le deuxième parti d'opposition de la République démocratique du Congo (RDC), l'ex-rebelle Jean-Pierre Bemba est actuellement jugé à la CPI à La Haye pour des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre qu'aurait commis sa milice aux début des années 2000 en Centrafrique.

Un député et secrétaire général adjoint de son parti Fidèle Babala Wandu a été interpellé à son domicile à Kinshasa dans la nuit de samedi à dimanche par des éléments de sécurité en exécution d'un mandat d'arrêt de la CPI."Il est soupçonné de subornation de témoins dans l'affaire Bemba" a déclaré dimanche un porte-parole du MLC, Germain Kambinga.

Accusés de subornation de témoins

Il est "en cours de transfèrement" de Kinshasa vers La Haye, a précisé dimanche après-midi le porte-parole de la CPI, Fadi El Abdallah, interrogé par l'agence BELGA.

L'avocat bruxellois Aimé Kilolo Musamba, qui défend M. Bemba, a lui été arrêté à l'aéroport de Bruxelles, alors qu'il revenait de voyage. Lui aussi est accusé d'avoir "influencé dans un sens ou dans un autre des témoins", a précisé Germain Kambinga.

Dans un communiqué publié dimanche, la CPI a confirmé l'arrestation, à sa demande, du député et de l'avocat. En outre, "les autorités néerlandaises ont arrêté Jean-Jacques Mangenda Kabongo, tandis que Narcisse Arido a été arrêté par les autorités françaises à la suite des demandes d'arrestation et de remise que leur avait adressées la CPI", selon le communiqué.

La CPI a des "motifs raisonnables de croire" que les quatre suspects auraient "constitué un réseau aux fins de produire des documents faux ou falsifiés et de corrompre certaines personnes afin qu'elles fassent de faux témoignages dans l'affaire concernant M. Bemba".

Des arrestations pour de telles charges sont une première dans une affaire jugée par la CPI.

Les suspects congolais arrêtés en Belgique, aux Pays-Bas et en France "seront remis à la CPI ultérieurement conformément aux procédures judiciaires applicables dans ces trois pays", a souligné la Cour.