La police doit faire preuve de plus de tact avec les victimes

Les victimes de violences ou de faits de mœurs ne sont pas toujours prises en charge avec tact par la police. La ministre de l'Intérieur, Joëlle Milquet (CDH) a envoyé une circulaire aux chefs de corps pour leur recommander de mieux prendre en charge les victimes de sexe féminin.

L'an dernier, 20.370 cas de violences conjugales ont été recensés. Dans 85% des cas, les victimes étaient des femmes. Par ailleurs, l'on a comptabilisé 3.421 viols, 19.616 cas de violence psychologique et 3.455 attentats à la pudeur.

Cette année, il serait question, selon la ministre, d'une légère tendance à la baisse.

Une grande partie des victimes ne font en outre pas de déclarations. L'une des mesures pour les inciter à porter plainte, serait un meilleur accueil. Les agents sont souvent insuffisamment formés pour questionner de manière respectueuse et correcte les victimes de violences sexuelles.

La ministre de l'Intérieur propose donc des nouvelles formations et a envoyé un mémo avec des recommandations aux chefs de corps. Par exemple, Joëlle Milquet demande aux agents d’améliorer l’accueil et de protéger les victimes de la "curiosité d'une salle d'attente remplie".

Ces dossier doivent être traités avec discrétion, les agents ne doivent pas interrompre les victimes, éviter tout contact physique avec elles et être attentif au langage non-verbal. Si une femme éprouve des difficultés à s'exprimer, ils doivent lui laisser le temps de raconter son histoire calmement sans tirer de conclusions trop rapides. Enfin, ils ne doivent absolument pas donner l'impression aux victimes qu'elles sont responsables de leur agression.

Ce lundi, c'est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Une journée pour sensibiliser l'opinion publique sur la question.

Cent femmes en blanc pour dénoncer les viols

Cent femmes vêtues de blanc ont marché lundi depuis la depuis la Gare Centrale jusqu'au palais de Justice de Bruxelles pour dénoncer les viols en Belgique, à l'initiative du Conseil des femmes francophones de Belgique et de son homologue néerlandophone, le Vrouwenraad. Cette action symbolique s'inscrivait dans le cadre de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

"En Belgique, chaque jour, une plainte pour viol sur 10 est enregistrée. Or on estime que 100 femmes sont violées quotidiennement. Selon les estimations des parquets et des services de polices, 3.500 à 3.800 femmes sont violées chaque année. De plus, 44% des plaintes sont classées sans suite", selon Viviane Teitelbaum, présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique.