La moitié des Flamands méfiants face aux immigrés

Si l’on en croit le Moniteur flamand à la migration et l’intégration, 45% des Flamands voudraient résider dans un quartier dénué d’habitants d’origine étrangère. Et 40% des personnes interrogées estiment que les musulmans représentent une menace pour la culture de notre pays. Cette étude commandée par le gouvernement flamand sera présentée ce mardi au Parlement. Le quotidien De Morgen a déjà pu la consulter.

Le service d’études du gouvernement flamand a interrogé des citoyens du nord de la Belgique, âgés de 18 à 85 ans, notamment sur ce qu’ils considèrent être une composition idéale du quartier où ils résident. Et 45% d’entre eux ont répondu qu’ils souhaiteraient habiter dans un quartier où ne résident que des personnes d’origine belge. Encore 38% des personnes questionnées ont affirmé préférer un quartier "avec davantage d’habitants d’origine belge que d’origine étrangère".

Quelque 47% des Flamands interrogés estiment d’autre part que les immigrés "viennent en Belgique pour profiter de notre sécurité sociale". Et 40% des sondés sont d’avis que les musulmans "représentent que menace pour notre culture et nos coutumes".

A noter cependant qu'une moitié des Flamands questionnés considèrent que la présence d’autres cultures dans leur Région constitue un enrichissement pour notre société.

"On aime peu ce qui nous est inconnu"

L’étude menée à la demande du gouvernement flamand révèle également que les différents groupes de population vivent côte-à-côte, sans se côtoyer. Plus de la moitié des personnes sondées (51%) affirment en effet qu’elles n’ont jamais de contacts avec des personnes d’origine étrangère dans leur quartier. Moins de 30% des Flamands indiquent s’entretenir au moins une fois par mois avec une personne d’origine étrangère.

"On aime peu ce qu’on connait mal", réagit Jozef De Witte (photo), le directeur du Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme. Il en veut pour coupable la politique belge de migration et d’intégration.

"Au lieu d’accepter la migration comme un fait et de la rendre aussi positive que possible, beaucoup de Flamands sont encore dans une phase de négation. Nous nous considérons comme tellement supérieurs. Et en même temps, nous n’avons jamais autant craint d’être engloutis", estime De Witte dans les pages du Morgen.

Il semblerait que les femmes et les hommes affichent environ la même attitude vis-à-vis des étrangers. L’âge influence davantage l’attitude des Flamands: plus ils sont âgés, plus leur attitude est négative face aux étrangers. Le niveau d’éducation joue également un rôle : les personnes bénéficiant d’un niveau de formation élevé seraient plus tolérantes face aux immigrés.

L’immigré moyen est un homme, âgé de 18 à 39 ans

Le moniteur flamand à la migration et l’intégration a également étudié qui sont les immigrés en Flandre et où ils résident exactement. Voici quelques conclusions.

• Les Néerlandais forment le plus grand groupe d’étrangers résidant en Flandre, avec 125.016 personnes. Viennent ensuite les Marocains (28.567) et les Polonais (26.558).
• Les immigrés résident essentiellement dans les villes. On notera que Louvain possède 39 étrangers par 1.000 habitants, et Anvers 30 étrangers pour 1.000 habitants.
• Les hommes immigrés sont plus nombreux que les femmes. La plupart d’entre eux ont entre 18 et 39 ans.
• Quelque 42,7% des étrangers non-européens résidant en Flandre ont un emploi, contre environ 70% des Belges. Ce sont avant tout les femmes non-européennes qui éprouvent des difficultés à décrocher un emploi.
• 49% des immigrés venant d’un pays hors de l’Union européenne vivent dans un logement en mauvais état, contre seulement 22% des Flamands. Le nombre de ressortissants qui vivent sous le niveau de pauvreté est 5 fois plus élevé parmi les immigrés non-européens.