Le nombre de cas de VIH à nouveau en hausse

Le centre flamand d’expertise sur la santé sexuelle Sensoa constate une légère augmentation du nombre de cas d'infection au virus VIH diagnostiqués en Belgique. Ceci proviendrait notamment du fait que les campagnes de sensibilisation ciblées poussent davantage de personnes à passer un test de dépistage. Le nombre de cas enregistrés augmente donc.
FERNANDO DA CUNHA / BSIP

En 2012, quelque 1.227 nouveaux cas d’infection au virus de l’immunodéficience humaine VIH ont été diagnostiqués en Belgique. C’est légèrement plus que les 1.177 nouveaux cas enregistrés en 2011. Le nombre de Belges et non-Belges atteints est presque identique, selon les chiffres du ministère de la Santé publique.

Le groupe le plus fragilisé parmi les Belges est celui des hommes qui ont des contacts sexuels avec d’autres hommes. Chez les non-Belges, ce sont les personnes originaires de l’Afrique sub-saharienne qui semblent les plus fragiles.

Sensoa souligne que les chiffres n’indiquent pas si le nombre d’infections a augmenté dans notre pays, étant donné qu’ils ne reflètent que le nombre de nouveaux cas d’infections diagnostiqués l’année précédente. Selon Boris Cuyssaert du centre flamand d’expertise sur la santé sexuelle, il est difficile de donner une cause précise de l’augmentation des cas décelés. Les campagnes de sensibilisation ciblées de ces dernières années n’y seraient cependant pas étrangères.

« Ces 4 dernières années, le nombre de cas d’infections au virus VIH diagnostiqués a nettement augmenté, mais il se peut que certaines personnes étaient déjà infectées depuis plusieurs années », expliquait Cuyssaert ce mercredi dans l’émission matinale « De Ochtend » de la VRT. « Plus vite vous savez que vous êtes infecté, plus vite vous pouvez prendre des mesures de prévention dans vos relations sexuelles et vous pouvez entamer un traitement ».

Des séropositifs se plaignent de discrimination médicale

Quelque 15% des séropositifs se plaignent de discrimination médicale, si l’on en croit une enquête dont le quotidien bruxellois Le Soir a révélé le contenu mardi, en marge de la Journée mondiale de lutte contre le sida du 1er décembre.

Un patient sur huit a ainsi essuyé au moins un refus de soins. Beaucoup de patients évoquent ce problème chez les dentistes, les responsables de l'accueil à l'hôpital ou les infirmiers. Plus d'un séropositif sur cinq a "ressenti de la gêne de la part du personnel médical" et un sur sept a été confronté à "des propos désobligeants de la part du personnel médical".

Ces gestes discriminants, pourtant proscrits par la loi ou dénoncés par les règles déontologiques, ne sont pas si rares. Quelque 12,8% des 343 personnes interrogées par le Groupe de réflexion et de communication sur la séropositivité (Grecos) ont appris que leur statut sérologique avait été révélé à leur insu. Presque autant se sont vus imposer un dépistage VIH.

Enfin, près de 8% de ces personnes ont été mal reçues dans une pharmacie lorsqu'elles ont cherché à se procurer les médicaments indispensables à leurs traitements. Les chiffres sont toutefois très variables selon l'orientation sexuelle et la nationalité. Ainsi, le taux de refus de soins augmente de 50% pour les homosexuels, et il double pour les patients d'origine africaine.